Laurent Fouillé déMobiliste

Sociologue Urbaniste

Au sujet du mauvais genre et pour souhaiter joyeuse Sainte-Vélotine


Attention, les radicalismes, c’est comme les trains, ils peuvent en cacher un autre

Je voudrais ici me décaler d’un pas sur la gauche (car le cœur a le monopole de la gauche dans toutes les poitrines), pour observer un instant la place occupée par les femmes (et les hommes par opposition) dans l’espace public, en ville, fixes ou mobiles.

Tout d’abord, un grand pas à gauche, nécessaire pour chercher l’équilibre lorsque la navire vire violemment à tribord…

[raccourci possible à l’usage des personnes qui s’endorment quand on parle de parti politique et qu’on raconte sa vie d’étudiant, foncez à la partie suivante Une dose de féminisme, en plus avant il n’y a que des hommes]

A ce stade cette illustration n’a aucun sens, si quelqu’un pouvait m’aider à déplacer mes lettres du scrabble, je voulais écrire VELO.

A en croire la presse, j’ai fait une fac d’islamo-ultra-gauchisme. Je le reconnais bien volontiers, « j’avoue », je suis ultra-maladroit, mais le seul wokisme que je connaisse consiste à agiter une sorte de poêle chinoise pour y faire cuire des légumes à feu vif. Ça se mange avec des baguettes, c’est croquant et savoureux. Quand j’entends que mon université serait une sinistre base arrière de l’ultragauche, j’ai envie d’acquiescer par droiture et honnêteté innée ou par soumission à l’autorité acquise : oui, absolument Monsieur le préfet !

Alors une habitude exercée m’invite à faire un pas qui sort du rang, pour changer de point de vue, dans n’importe quelle direction qui m’appelle. De la pure curiosité candide se transforme en volonté irrésistible de savoir. Cette découverte d’un point de vue sous un autre angle me donne envie d’exprimer des objections, des réserves, des mises en garde. Émerge ainsi le besoin de garantir des gardes fous, de négocier des évolutions, d’amender, de légiférer, de discuter des règles.

Donc « Oui, mais Non ! » Ce n’est pas une base arrière au sens que vous imaginez ou le laissez entendre. Ce n’est pas une cachette secrète, un repère de pirates où se fomentent des actes délictueux contre l’État de droit. Ce n’est pas l’équivalent clandestin de votre Situation Room depuis laquelle se pilotent les opérations et s’échafaudent des plans. Rien à voir, non plus, avec les camps d’entraînement d’apprentis djihadistes en stage en Syrie auxquels on tente sémantiquement de les amalgamer. Non, ça ressemble plus à l’arrière-cuisine d’un restaurant où l’on s’éduque le palais, où mijote des marmites de savoirs dont le fumet chatouille les narines, vous ouvre l’appétit militant et la faim d’agir. Ça sent la popote qui conscientise, ça papote et politise. On n’y sert pas de la tiède soupe électoraliste, dans cette gargote. Ce n’est pas de la démocratie de palais ni de palace, guindée et élevée hors-sol. Non, ici, on ne fait que du citoyen élevé en plein air. Il y a tellement de chauffage que la fenêtre est ouverte (celle qui s’ouvre encore, s’il y en a une, sinon la porte, comme pour les mariages).

En tant qu’organisateurs des élections, à l’Intérieur, vous préférez la participation ou l’abstentionnisme ? Vous préférez des citoyens instruits, investis et curieux de la chose publique ou des cons saumâtres qui eux préfèrent se divertir que débattre, se planquer que se mobiliser, aller à la plage plutôt que se rendre aux urnes ? Faut choisir, mon bon préfet, on a difficilement les deux en un.

Dans ces murs gris de Villejean, ouverts à tous, j’ai eu des cours d’altermondialisme, de syndicalisme, de communisme, de socialisme, des critiques du capitalisme et du productivisme, des critiques du racisme et du colonialisme, du patriarcat et de l’oligarchie, des cours de critique radicale, de critique du pouvoir, du déconstructivisme en veux-tu en voilà, de la critique de la critique, de la critique pour la critique… Des orateurs académiques, fonctionnaires d’État, s’exprimant dans des amphithéâtres, armés de tableaux et de craies, formulant des discours fondés sur leurs lectures. Partout des livres comme autant de briques dans des murs de connaissances en papier, dans les linéaires de la BU, dupliqués comme un autel particulier dans chaque bureau. [Pour les plus jeunes sachez qu’à cette époque nous vivions dans nos disques durs externes, l’USB n’existait pas, UBS oui, les bus aussi.]

Rien n’était dissimulé au public, j’en veux pour preuve que sur la façade, on ne peut plus grise, du bâtiment principal, le B et non le A (par esprit retors concernant l’ordre des choses ou la hiérarchie, même alphabétique, on se méfie des ordres), il était inscrit “Vive la dictariat du prolétature”. Marxiste oui, mais avec de l’humour et de la distance. Dans mes souvenirs, il n’y avait que deux syndicats : SUD et CNT. Le rouge et le noir flottaient comme une bannière. Car Rennes 2 n’est pas que « la rouge », elle boit du rouge et broie du noir, ce n’est pas l’école d’ingé ou d’archi, mais une école d’anarchie. Ça tombe bien, ce sont aussi les couleurs du stade rennais, comme quoi les punks à chien de la place Saint Anne, des squats ici et là, ne sont pas irréconciliables avec les bourgeois qui paient à prix d’or leur abonnement au Roazhon Park. On peut ne pas être d’accord, c’est tout l’intérêt de discuter. Sinon, qu’est-ce qu’on se ferait chier !

« Vive la dictariat du prolétature » de Rennes 2 https://www.wiki-rennes.fr/images/2/22/Vive_dictariat_proletature.JPG

J’ai donc financé l’écoterrorisme par mes 10 inscriptions à Rennes 2, bien que je sache pertinemment que mes frais de scolarité, malgré l’inflation, n’ont jamais couvert les dépenses engagées par l’État (pas dans le matériel, les Algeco et les bâtiments étaient visiblement amortis depuis bien longtemps, mais) en salaire d’enseignants-chercheurs. Merci France Savoir d’avoir investi à fonds perdus dans mon instruction et celle de mes camarades. Dans ce temple de la connaissance, l’administration elle-même vouait un culte singulier et sans faille au sabotage bureaucratique. Les agendas avec les numéros des salles étaient systématiquement et aléatoirement modifiés à l’aube ou au crépuscule. Les dates des partiels étaient avancées à la dernière minute, dans le plus grand des secrets. Une feuille volante (et vouée à s’envoler) punaisée à un tableau de liège dans un obscur couloir donnait l’information cruciale : quel jour, à quelle heure et dans quelle salle aurait lieu le redouté partiel. En fait l’épreuve en elle-même n’était qu’une simple formalité, si vous aviez suivi le cours et que vous saviez lire et écrire. En revanche, obtenir ces précieuses informations AVANT que n’ait lieu l’épreuve, voilà qui supposait une compétence rare, une tendance à la sociabilité, des prédispositions au bavardage de couloir et une présence sur le campus en dehors des heures de bureau.

Régulièrement, des mouvements sociaux éclataient et venaient ajouter aux devoirs de l’étudiant ceux du citoyen en formation pratique. Il fallait apprendre à identifier dans l’actualité les régressions sociales en cours qui se dissimulaient entre les lignes des annonces gouvernementales, des projets de loi et autres réformes de l’État. Pour cela, Charlie Hebdo, Canard Enchaîné, Monde Diplo, Journal de la décroissance, fanzines, tracts : lecture obligatoire. Dès que l’offensive était déclarée envers les classes laborieuses et les libertés civiles, il fallait défendre, manifester, trouver des slogans, brandir des pancartes, défiler et scander des chants. De la Mairie à la Préfecture, après trois tours du canal, de la place de la République au rectorat d’académie de la rue d’Antrain, en passant par la gare s’il le fallait. La ritournelle de base était “pend-pend-pend ton patron, t’auras sa galette, pend-pend-pend ton patron t’auras son pognon !” Après coup, entre me pendre et le servage, j’ai choisi de devenir mon propre patron (et donc aussi mon propre esclave). Des galettes, je peux en avoir ou m’en faire, mais le pognon, je n’en vois pas vraiment la couleur…

Mon meilleur souvenir militant fut un voyage organisé en bus, direction Annemasse, pour accueillir avec autant d’inhospitalité que possible 8 chefs d’État qui avaient fait leur nid d’aigle à Évian-les-Bains. J’ai adoré l’ambiance chaleureuse et festive du village alternatif, mais aussi l’impressionnant dispositif policier (je n’ai vu aussi imposant qu’en 2009, lorsque le plus grand des hasards ferroviaires me fit réaliser une correspondance en gare de Strasbourg, jour de sommet de l’OTAN : il y avait des snipers sur les toits comme dans les films américains), mais encore Genève – ville morte, avec les vitrines des banques et des horlogers barricadées comme si la météo avait prévu une tornade. En tant que déMobiliste en devenir : mon meilleur souvenir demeure celui d’un cortège qui piétine sur l’autoroute reliant la Suisse à la France. On est rentré par l’autoroute, mais à pied !! Sous un ciel bleu déserté par les nuages, où ne s’aventuraient que les noirs hélicoptères des bleus, j’avais l’impression d’être Rousseau (Jean-Jacques aimait bien marcher et a fait quelques navettes entre la France et la Suisse). C’est marrant, parce que la foule déambulant à pied sur l’autoroute, c’est justement l’illustration choisie par wikipédia pour le très court article consacré à ce G8.

Cela contraste avec une autre expérience. Mon observation participante des collectifs pro-légalisation du cannabis m’avait conduit à participer à un appel du 18 joint interdit par la Préfecture. Ce fut ma plus petite et brève manifestation : nous étions moins nombreux que les CRS sur la place de la Mairie. Mais c’était drôle et ridiculement démocratique, car dans une dictature nous n’aurions jamais bravé l’interdiction. Cependant, dans une démocratie sérieuse, pleine et entière, je ne vois pas pourquoi ce rassemblement pacifiste aurait été interdit. Le ridicule ne tue pas, c’est l’avantage.

Lors d’un blocage, je crois que c’était pour le CPE, ou plutôt contre cette réforme discriminante à l’égard des jeunes, les étudiants de Rennes Deux avaient bloqué les premiers et débloqué les derniers (l’expression, à n’en point douter, d’une forme de catholicisme résiduel breton). Vers la fin du mouvement, qui commençait à user les troupes et s’essouffler, il y eut une AG avec un vote à mains levés, duquel se dégagea une très nette majorité pour mettre fin au blocage. Les organisateurs du vote décidèrent alors qu’il vaudrait mieux organiser un scrutin à bulletin secret avec les cartes d’étudiants (un coup de ciseau pour « a voté »). Après dépouillement, sort du chapeau une victoire du blocage à l’arrachée. Sifflets dans l’amphi. L’esprit de la démocrature est douché. Quand on a voté pour la première fois à la présidentielle de 2002, on ne croit plus vraiment en la magie des urnes, ni en l’odyssée de l’espèce. Pour cette génération 80, Homer Simpson a gagné, Al Bundy est l’homme moyen, c’est ce genre de profil qui fera le résultat de l’élection.

Avec tout le respect qui lui est dû, je pense que Monsieur le Préfet, le doigt sur la couture de son bel uniforme, se le met également dans l’œil jusqu’au coude (ce n’est pas évident à faire, il faut utiliser les deux mains), car il est incapable de comprendre de quoi est faite la démocratie dont il est pourtant le garant ou le vigile (le conducteur de la voiture n’a pas besoin d’être mécanicien me direz-vous). Il n’a pas été formé à ça, lui. Il est le surveillant qui veille sur le dortoir et l’application du règlement. Un pion dont l’internat fait la taille d’un département, voire d’une grande région. Quelle grande responsabilité ! Mais le président de l’Université des Sciences Humaines n’a pas à écouter aux portes, à jouer aux RG et à prendre des notes sur ce qui se dit dans les réunions, à pointer qui y participe. Les étudiants se gouvernent eux-mêmes. Ils doivent impérativement apprendre à le faire, c’est leur apprentissage : exercer la liberté d’opinion, de parole, d’association. Car si un jour par malheur, les institutions venaient à dérailler et s’enliser, se caporaliser, sombrer dans le mécanisme mortifère qui les mettrait au service de la matraque et non de la défense des libertés ou de l’émancipation humaine, alors, il serait du devoir des citoyens d’entrer en résistance, de désobéir, de saboter par tous les moyens nécessaires à leur disposition. Cela s’apprend en faisant.

Derrière le tintamarre bruyant et très visible du folklore militant, les jets de pierre, les tags outranciers sur les murs et les banderoles, les poubelles et les pneus brûlés, les vitres d’arrêt de bus brisées, par-delà les slogans et les mots d’ordre radotés (comme dans les tribunes du stade), l’anarchie criarde de façade, une fois les fumigènes dissipés, se montre aussi sous le jour d’une studieuse besogne, différente certes du bachotage et des colles des classes prépas, mais si on ne se prépare pas à des concours (comme celui de la préfectorale ou de l’ENA), on prépare bien quelque chose. Quand on apprend à désobéir, on s’instruit aussi. C’est sûr, que ce n’est pas à l’armée qu’on apprend ça. Chacun lit (plutôt que faire son lit au carré), emprunte des livres à la BU, écoute et prend des notes dans les amphis, débat et polémique durant les intercours et jusqu’à tard dans la nuit, dans les cité U, les colocs des tours de la dalle Kennedy ou de l’avenue Churchill, dans les pubs du centre-ville, devant l’Ubu, le Liberté, l’Antipode, la Salle de la Cité, au Chantier ou dans la rue de la soif, en marge des Trans… Chacun se fait sa propre opinion. Cette fac, c’est un énorme élevage de moutons, oui, mais ici les moutons noirs à cinq pattes constituent l’essentiel du cheptel. Ils n’aiment pas trop marcher au pas, ni qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire ou penser. S’ils sautent des barrières, ce n’est pas pour endormir la pensée. La résistance, c’est l’âme de la démocratie, c’est aussi son fusible et son groupe électrogène. C’est la dernière étincelle qui fonctionnera encore lorsque tout le reste se mettra à déconner, et parfois, de plus en plus souvent même, il est perceptible que ce type de moment, qui s’est déjà produit dans notre histoire, risque de se produire d’un moment à l’autre.

Pendant qu’on agite le chiffon rouge de la main gauche, on occulte la bête fasciste qui frotte le sol avec férocité à l’autre bout de l’arène politique. Le fait majeur de la politique française des dernières décennies, ce n’est pas la gauchisation à ce que je sache. Certes Mélenchon mélenchonise le débat et fait peur, car on l’imagine aisément en lider maximo. En dehors de cet épiphénomène, une affiche provocatrice sur le mur gauche, un éléphant est dans le préfabriqué : la droitisation à outrance et à tout crin. L’extrême droite s’est tranquillement installée au parlement, elle est désormais abonnée au second tour de la présidentielle. Lui ont été offert des médias qui déversent leurs torrents haineux à longueur de journée (merci Bolloré, le breton qui fait avoir honte d’en être un, petite touche d’espoir et de modération). Vous connaissez une chaîne gauchiste ? Ne me dites pas France Inter. Lors de l’interview de Ruffin, la semaine dernière, la journaliste n’a pas arrêté de lui demander « Pourquoi le peuple va au RN ? » en mode prophétie autoréalisatrice. Je ne peux plus entendre la phrase, « la prochaine fois, c’est Marine ».

La droite conventionnelle, de Fillon à Ciotti en passant par Wauquiez, est parfaitement compatible avec le discours nauséabond national patriotique et ils s’appellent Les républicains !! ça doit être vraiment compliqué à comprendre pour les Espagnols, car nos républicains à nous sont plus proches idéologiquement de Francisco Franco. On a envie de leur offrir Pour qui sonne le glas, d’Hemingway. Mais est-ce que ces hommes-là lisent ?? Nul besoin de leur tailler un costard, ils s’en font offrir pas des puissances étrangères. Et que fait le centre droit présidentiel ? Il penche vers la gauche ? Je ne pense pas. A ce propos, Emmanuel Macron vieillit prématurément. Telle une comète, il balaie le spectre de la gauche vers la droite en accéléré (on pourrait aussi parler de trou de ver, car il replie le parlement en deux et permet de passer d’un côté à l’autre, d’où le « en même temps », trou noir d’un côté et trou blanc de l’autre, troublant!). En un laps de temps record, il sera passé de socialiste sous Hollande (l’histoire retiendra l’expression Les Sans Dents, un socialisme de droite fait de CICE et de retournages de veste Vallsien) à centriste pour se faire élire une première fois, à droite toute pour se faire élire une seconde, le voilà désormais engagé sur un cap plus identitaire que l’extrême droite pour empêcher cette dernière de prendre sa succession. Bayrou s’en trouve gauchisé pour le coup. De mon point de vue, nous assistons à de grandes manœuvres incompréhensibles du point de vue des simples mortels, qui ne peuvent être pensées que par de fins stratèges qui ne dorment plus la nuit mais surplombent la mêlée. Vu du plancher des vaches historique, cela s’apparente à une république de Weimar qui agresserait la communauté hébraïque pour faire barrière au NSDAP. C’est comme dans les jeux de société où tu découvres ce genre de coup auquel on n’aurait pas pensé :  » Ah bon, on a le droit de faire ce coup la ? »

Moralité : un radicalisme peut en cacher un autre, celui qu’on met en lumière et qui vient de la gauche semble une vieille locomotive roulant au ralenti et cachant le radicalisme de droite, un TGV qui lui nous arrive à pleine balle.

Une dose de féminisme salutaire, remède au fascisme

Parmi les enseignements que j’ai reçus, au pays des soviets de Villejean, certains étaient d’une très grande qualité et cela dès la première année. Je me souviens par exemple des cours d’ethnologie qui avaient lieu de 20h00 à 22h00. Ils étaient donnés par Laurent Fleury et bien trop intéressants pour les programmer à un autre horaire que celui-là (l’amphi aurait débordé) : First Contact, La controverse de Valladolid… Les sciences du langage étaient inculquées le vendredi à 8h00, là-encore, histoire je pense d’écrémer et de s’assurer un public d’auditeurs motivés et intéressés. Je n’avais pas toujours les yeux en face des trous, mais les oreilles captaient cinq sur cinq, le signifiant et le signifié. Je parle des premières années, car les effectifs étaient nombreux. Avec l’avancée du cursus, le troupeau fondait comme la neige au soleil. L’écologie arrivait assez tard. Dominique Boullier en dernier, soit le meilleur pour la fin.

Dans les sciences humaines, on s’intéresse à l’Homme avec un grand H (mais cela inclut bien sûr les femmes). Le sujet c’est l’anthropos, l’Humanité au sens général et universel. L’espèce a été baptisée Homo sapiens. De ces deux termes, le plus choquant et extravagant, pour moi, c’est le second pas le premier. Edgar Morin avait tenté de modérer le propos en remplaçant le deuxième sapiens par demens. Prétendre être l’espèce des humains deux fois sages (pour se distinguer de Néandertal), c’est franchement du foutage de gueule. Idiocracy me semble une description tout aussi recevable du processus civilisationnel en cours (l’acteur principal est le sosie de François Ruffin, étrange). « L’Humain qui se pense sage » ou « qui se croît sage » serait certainement une meilleure définition de notre espèce, car il y a des cons partout, c’est observable et documenté. L’objectif de l’éducation, l’instruction, l’enseignement, l’apprentissage consiste précisément à diminuer la part d’obscurantisme et de bêtise crasse, lutter contre la pente naturelle, remonter la pente donc.

Le féminisme nous était inculqué par Nadia Chellig. Hélas, sa santé était fragile ce qui causa quelques absences. Elle posa toutefois quelques briques sur la table et pavés dans la mare, le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, Mœurs et sexualité en Océanie de Margaret Mead, La domination masculine de Pierre Bourdieu et aussi l’excellent ouvrage d’Yvonne Verdier Façons de dire, façons de faire. L’amphi de 400 places était à 75% féminin (moins qu’en psycho, mais tout de même). On peut se dire qu’ici le patriarcat, le masculinisme ou le virilisme n’avaient pas leur place. En réalité, même dans cette pseudo gynécée, l’androcentrisme était dans la plupart des têtes. Le dominé est souvent le bras armé du dominant.

Mâle genré

Je n’ai jamais aimé le qualificatif « genré », mais je voudrais dans les paragraphes ci-dessous parler de genre, dans l’espace public, ce qui va m’obliger à évoquer la publicité, les jeux vidéo et un vieux dessin animé.

A Rennes, je résistais à l’agression publicitaire à mon échelle, en pratiquant l’arrachage d’affiche nocturne. Je m’attaquais de préférence aux buralistes, avec une préférence pour les titres loufoques, racoleurs ou tout simplement choc de Ouest-France : la feuille jaune (je regrette de les avoir jetées, notamment « fin du pétrole bon marché ») et les femmes dénudées en couverture des magazines. En fait, ces cibles étaient plus faciles que les affiches des abris-bus (trop blindés) ou les grandes affiches (trop hautes). Avec une simple clé ou n’importe quel levier en métal, on pouvait soulever la protection en plastique transparente et extirper l’affichage (sans dégradation). Je me souviens avoir réalisé un montage avec Freud enlaçant une femme nue et le titre « comment bien les choisir ? » Spécial Maigrir en bandeau en bas. Tout lien avec l’actualité serait fortuit.

Plus tard, quand j’ai travaillé sur les statistiques de fréquentation des transports en commun, durant ma thèse, j’ai mis un chiffre sur l’évidence : les femmes conduisant moins que les hommes (sauf dans mon couple), elles prennent davantage les transports en commun. A cette époque, je me disais bêtement : si on veut que les hommes lâchent le volant et prennent davantage le bus ou le métro, il faut les appâter avec cet argument : « Messieurs, venez faire des rencontres dans le bus » ou « laissez tomber les boîtes, elles sont dans le métro » ou quelque chose dans ce genre. Je ne connaissais pas encore l’existence des « frotteurs ». J’étais complètement à côté de la plaque, car la suite de l’histoire serait plutôt à chercher du côté du développement des voitures réservées aux femmes dans les métros et tramways, au Brésil ou au Japon, les taxis roses ou Simone drive her (j’ai l’impression que ça n’a pas fonctionné). Sur ce point-là, heureusement que personne ne m’a suivi, la fréquentation des transports en commun aurait chuté à cause des dragueurs lourds qui auraient acheté un ticket pour harceler durant tout un trajet.

Quand on voit qu’une éphémère ministre de l’éducation nationale scolarise ses enfants dans un établissement qui sépare les garçons des jeunes filles, on se dit que l’histoire bégaye. Ça existe encore, dans notre pays ce niveau de ségrégation entre mâles et femelles ? Et on interdit l’abaya ? J’étais doublement à côté de la plaque car les rencontres se sont canalisées vers Meetic, Tinder ou d’autres applis. L’argument ne tient donc plus du tout.

Il n’empêche, cette ségrégation homme-femme dans les transports en commun ne me satisfait pas le moins du monde. Je vis au pays des arcs en ciel, j’ai bien aimé les sites web permettant de retrouver un/une inconnue croisée sur une ligne du genre : https://croisedanslemetro.com/. Je trouvais ça romantique. Là encore, je pense que c’est anecdotique.

Voilà le type de phénomène que j’aimerais mesurer : y-a-t-il plus d’échanges de regards déplaisants ou agréables, de belles rencontres ou d’interactions gênantes, malsaines ou malaisantes ?

J’ai, à plusieurs reprises, été transporté dans un pseudo harem roulant, me trouvant être le seul passager masculin dans un bus. L’expérience n’était pas désagréable, mais interrogeait. Les deux dernières fois, c’était entre Betton et Rennes et entre Vitrolles et Marseille, très tôt le matin en 2023. Quinze ans après mes premières observations, ce constat ne change pas : les femmes prennent plus le bus. Est-ce une bonne chose ? Est-ce le résultat d’un mauvais déterminisme ? Si tout le monde est content et s’y retrouve, moi ça ne me dérange pas, mais est-ce bon signe ? C’est aux femmes de le dire. Est-ce qu’elles consentent, s’en contentent seulement ou s’en satisfont pleinement ? Pouvez-vous me le dire ?

Mes pépites sexistes

Comme tous les hommes qui ne cochent pas toutes les cases de la masculinité stéréotypique et testostéronée, je vis des situations qui pourraient être burlesques, si elles n’étaient pas si répétitivement quotidiennes. Ces situations sont provoquées par une déception des attentes de rôle. Je suis sensé faire ou ne pas faire quelque chose du fait de mon statut de mâle hétéro. Ne conduisant pas, je suis un simple passager, je n’entre pas par la bonne portière. Ne buvant pas, au restaurant, je ne comprends pas pourquoi le serveur me tend la carte des vins. Ce n’est pas logique que le poisson soit pour moi et la viande pour madame. Je suis la lavandière, je lave, sèche, repasse le linge. Je passe l’aspirateur. En revanche, je ne fais pas les courses et cuisine très peu (notre partage des tâches domestique s’est ainsi fait, je ne suis pas incompétent en la matière, mais je n’ai presque jamais d’idée de repas avant l’heure de manger). J’ai une charge mentale de poisson rouge, là-dessus je suis d’une virilité absolue. Je dépose et vais chercher les enfants à l’école et au sport (tant que c’est à pied ou à vélo, c’est dans mes cordes). Je fais livreur de colis aussi. Donc les stéréotypes de genre, j’en ai un peu, mais pas trop. Je suis le GPS de la famille, mais j’ai l’impression que ma fille est plus forte que mon fils dans ce domaine. J’ai horreur du bricolage (ça se passe toujours mal) mais je suis tout de même responsable de la maintenance (ce qui est un vrai problème dans ma vie). Je vide les poubelles.

J’ai le machisme d’une fiotte, mais je suis hétéro et de sexe masculin. Ma virilité se résume à ma pilosité, car ma musculature ne me permettrait pas de rivaliser en combat singulier ou dans une épreuve de force avec une femme un peu athlétique, encore moins si elle a un côté casse-cou (c’est pour ça que j’adore les vidéos de skateuses). Je suis douillet et peu soucieux de ma santé, c’est masculin, ça je crois. Je n’aime pas les gens qui parlent fort, qui s’imposent. C’est pour cela je pense que j’ai adoré lire Pascal Brutal. Je suis un homme moderne, soit le contraire d’un va-t-en-guerre, d’un Clint Eastwood ou d’un John Rambo. Vous pouvez m’envoyer faire la paix, mais la guerre ce n’est pas la peine, n’y comptez pas (la faute à Chirac). La chasse, je n’ai jamais essayé. A la limite, je peux cueillir, couper, cuire. Pas plus. J’aime bien jardiner, semer, tailler, récolter.

Grosse pépite sexiste virtuelle : le simulateur de maman.

J’aime les jeux vidéo, mais n’ai pas le temps nécessaire pour me consacrer sérieusement à cette activité chronophage. Cette année, on a acheté une switch dans une incohérence la plus totale avec bon nombre de nos principes de vie et d’éducation. On s’offre du bon temps. J’aime bien les jeux à plusieurs, avec coopération c’est un plus. Le jeu vidéo, comme le roman ou le cinéma, est un moyen d’immersion qui permet de vivre plusieurs vies en une, vivre par procuration la vie d’un autre, de voir le monde à travers ses yeux. C’est un moyen de développer l’empathie et le cosmopolitisme. Enfin, ça peut ou ça devrait.

La semaine dernière, je reçois une pub de Nintendo dans mes mails. Sans savoir vraiment pourquoi je clique dessus et navigue dans le catalogue des jeux. Soudain, je découvre que je peux accomplir le rêve de tout homme : vivre la vie d’une femme le temps d’un instant. Bon, quand je dis une femme, c’est avant tout une mère (de là à dire que l’une se résume à l’autre, je crains que ce ne soit un peu le cas du point de vue de l’industrie vidéoludique). Le jeu s’appelle : Mom Simulator 2023. Tiens, un concept qu’il est intéressant ! A quoi se résume une mère dans une console en 2023 ? Comment transmet-on ce rôle social prépondérant car engendrant des enfants ?

Mom Simulator 2023 est un jeu de simulation de vie réconfortant qui offre aux joueurs un aperçu de la vie bien remplie et épanouissante d’une maman des temps modernes. Dans ce monde virtuel immersif, les joueurs se mettent dans la peau d’une maman multitâche et découvrent les joies, les défis et les responsabilités liées à la gestion d’un foyer et aux soins d’une famille. Qu’il s’agisse de jongler avec les tâches ménagères, d’être parent, de prendre soin de soi ou de célébrer les moments précieux de la vie, ce jeu offre une perspective unique et empathique sur l’incroyable travail d’être maman.

Principales caractéristiques:

• Routine quotidienne réaliste : les joueurs naviguent à travers une routine quotidienne détaillée qui reflète la vie d’une maman occupée. Cela inclut le réveil, la préparation des repas, la préparation des enfants pour l’école, la gestion des tâches ménagères, etc. Le jeu décrit avec précision la nature multitâche de la vie quotidienne d’une mère.

• Tâches : Expérimentez un large éventail de tâches, allant des courses à l’épicerie et de la cuisine à l’aide aux devoirs et à l’organisation de sorties en famille. Chaque tâche présente un défi unique, nécessitant une gestion du temps, une résolution de problèmes et de la patience.

• Progression et récompenses : à mesure que vous accomplissez des tâches et franchissez des étapes importantes, débloquez de nouvelles fonctionnalités, des améliorations de l’habitat et des activités familiales, créant ainsi un sentiment d’accomplissement et de progression.

Un poil choqué et en cherchant un peu, je découvre qu’il existe un second jeu : Virtual Mom Job Simulator On peut donc être une femme active et pas seulement une mère au foyer, du moment qu’on est tout de même une mère dévouée.

Vous êtes un véritable super-héros, jonglant entre l’éducation des enfants et une carrière réussie. Vous devrez surmonter de nombreux défis, dès le lever du soleil le matin…

Des tâches complexes avec des éléments de réalisme : Des missions passionnantes vous attendent, commençant par le réveil matinal de vos enfants et se terminant par une journée de travail productive. Ressentez le rythme effréné de la vie d’une mère moderne !

Gestion du temps : Optimisez votre emploi du temps quotidien pour jongler entre les soins apportés à vos enfants et la gestion d’une vie professionnelle productive sans perdre une minute.

Une expérience unique : Vous avez l’opportunité unique de comprendre ce que cela signifie d’être une véritable supermaman. Vous apprécierez les complexités et les joies de concilier vie de famille et carrière.

Rejoignez les joueurs qui ont vécu des moments incroyables dans la vie virtuelle de la maternité. Devenez une véritable « Virtual Mom » et prouvez que vous pouvez relever les défis de la vie avec grâce !

Une fois passée la consternation, je me demande si un équivalent existe pour les Dad, un genre de « dad simulator », parité oblige. Ce que j’ai trouvé, qui s’en approche le plus, sur le site de Nintendo, c’est Dream Daddy. Ce n’est pas un jeu de gestion de la maison, mais un jeu de rencontre gay. Vous devez séduire d’autres papas célibataires. C’est intéressant.

Dream Daddy: A Dad Dating Simulator est un jeu où vous incarnez un papa et où votre objectif est de rencontrer et de vivre une histoire d’amour avec d’autres papas super sexy. Alors, êtes-vous prêts ?

Ce jeu inclut Dream Daddy: Dadrector’s Cut qui propose des contenus exclusifs, de nouvelles quêtes annexes, la possibilité de rejouer à des mini-jeux que vous avez découverts tout au long du jeu et un tout nouveau mini-jeu pour votre plus grand plaisir !

Votre fille et vous venez d’emménager dans la paisible ville balnéaire de Maple Bay et vous découvrez que tout le monde dans votre quartier est père célibataire et prêt à se mettre en couple ! Voulez-vous sortir avec un papa maître d’école ? Un papa goth ? Un papa mauvais garçon ? Ou l’un des autres papas cool du jeu ? Avec différents embranchements et dénouements, Dream Daddy: A Dad Dating Simulator est la simulation de romances entre papas qui va vous rendre gaga !

Nintendo n’étant pas l’éditeur du jeu, j’ai ensuite cherché si des « dad simulator » existaient sur d’autres plateformes et OUI, ça existe. Vous n’allez pas être déçu. Sur la plateforme steam il y a : Who’s your daddy ?

Who’s Your Daddy is a casual multiplayer game featuring a clueless father attempting to prevent his infant son from certain death. Play with up to 7 of your friends, and test your parenting skills in a competitive setup with wacky physics and over 69 potentially ominous household items.

L’enfant est un psychopathe et le(s) père(s) (jeu multijoueur) doi(ven)t l’empêcher de se tuer. Le but du jeu n’est pas la routine du soin, le nourrir ou le changer. Non, le job du paternel, c’est juste éviter qu’il foute le feu à la baraque ou cause une inondation dans laquelle il se noierait. Un job de policier/pompier/urgentiste à la limite.

Mais aussi Drunken Dad Simulator

In Drunken Dad Simulator you’ll play a drunken bear who has to look for his beer bottles at a child’s birthday party. In the process he causes a lot of mayhem and all sorts of strange things happen.

Le père est une irréaliste peluche d’ours bourrée. On retrouve là encore une figure typique d’Homer Simpson, celle de la masculinité irresponsable, cause majeure d’accidents (éducatifs, technologiques, nucléaires)

Ou Rich Dad Simulator

Run your own chain of markets. Start from a small shop to the biggest business in town. Manage staff, control inventory, set prices, and keep customers happy. Build new locations and expand your retail empire. Can you succeed and become the king of retail?

Le mot clé est une fausse piste, pas de paternité ici, on incarne simplement un fils à papa.

Poursuivant mes recherches du Dad Simulator, j’ai entrevu des choses un peu plus proches sur youtube : Virtual Dad Simulator Happy Family 3D

et Dad Simulator 3D Family Games

Dans les deux cas, on s’approche du Mom Simulator de départ, mais les stéréotypes semblent avoir la vie dure. Le père a l’air de passer plus de temps dans sa bagnole ou sur son PC qu’en face de ses enfants.

Pour compenser tous les stéréotypes véhiculés précédemment : il existe des super papas. Vu à Caen de bon matin.

@pépite sexiste, je ne sais pas si vous vous êtes intéressées à cela, mais pour moi, c’est du lourd. Je ne pensais pas qu’en 2023, on pouvait éditer des jeux aussi caricaturaux sans second degré apparent ou mise en garde. Avec Mom Simulator, on est dans la reproduction bête et méchante du stéréotype de mauvais genre. Peut-être que l’Éducation Nationale, nouvelle génération peut financer l’achat par les familles. Les petites filles seront ainsi plus aptes à réarmer démographiquement la patrie. C’est moi, ou ça sent Vichy ?

Petites pépites publicitaires, orpaillées sur les rives de la Loire, mais aussi de la Seine et de la Vilaine.

Récemment Orléans s’est attaquée au démantèlement publicitaire, il y a de l’idée, je ne vais pas cracher dans la soupe (pas en premier lieu).

Le 5 décembre dernier, Résistance à l’Agression Publicitaire a publié son second rapport sur le sexisme dans la publicité.

Personnellement, je me suis toujours dit que les panneaux publicitaires, en plus des nuisances visuelles d’ordre général (enlaidissement, gâchis de papier et d’énergie si éclairage ou motorisation), devaient en plus causer des accidents liés à la déconcentration des conducteurs mâles (hétéro, mais peut-être aussi femelles, je ne suis pas assez expert en cognition et en genre pour l’affirmer) dont l’appareil visuel est surpuissant dès qu’il s’agit de détecter une femelle par ses attributs sexués (les femmes doivent détecter des rivales ou des proies s’il s’agit de chasseuses). Les publicitaires l’ont bien compris depuis l’origine : en mettant des femmes à poil (nue, pas avec des poils) ou des décolletés plongeants, le regard de l’homme (pour faire court) est immédiatement attiré, capté, subjugué. Que se passe-t-il donc, lorsqu’à l’approche d’une intersection ou dans un giratoire aussi complexe que le square Charles Péguy (il faudra que j’en parle un jour), sur les boulevards rennais ou parisiens, le conducteur se retrouve perturbé par des stimuli féminins de grand format qui le cernent de partout ? Peut-il raisonnablement regarder dans son rétro et l’angle mort, s’il est distrait de la sorte ? C’est ma première question. La déconcentration engendrée cause-t-elle des accidents de la circulation ? Je n’ai pas de réponse, mais cela me semble aller de soi. Ou alors, ce qui est peut-être contre-intuitif, le conducteur se sachant déconcentré, ralentit et fait plus attention. Ce serait donc une mesure de sécurité publique, un peu comme la fameuse/fumeuse campagne de sécurité routière russe, dans laquelle des stripteaseuses servaient de ralentisseur.

La seconde concerne les stéréotypes de genre charriés de la sorte. Quelle image donne-t-on de l’homme et de la femme dans l’espace public, donc livrée au regard des enfants (et des adultes, mais pour eux le mal est fait, on ne fait que l’entretenir ou le surprendre).

A deux reprises, en fin d’année dernière, j’ai eu l’occasion de croiser des publicités dynamiques alternant une pub de mec, avec une pub de meuf. La pépite n’est pas dans la pub en elle-même, prise isolément, mais bien dans la juxtaposition des images, la confrontation et le dialogue des caricatures contraires (du pur structuralisme). Dans les deux cas, la femme a chaud, elle est jeune, belle et en petite tenue. Normal, me direz-vous, puisqu’elle vend de la lingerie. Remarque : si les femmes ont un budget lingerie proportionnel au budget publicité pour la lingerie, elles sont soit blindées, soit à poil à la fin du mois, soit elles ne mangent pas (ce qui peut aider à rester mince). Personnellement, en dehors des affiches publicitaires, je vois très rarement des femmes aussi dénudées dans l’espace public. Cela ne me dérangerait pas dans l’absolu, chacun s’habille (ou pas) comme il le souhaite. De nombreuses cultures pratiquent des formes plus ou moins totales de naturisme. Je constate simplement que ce n’est pas le cas, même par temps de canicule.

En face, de ces vénus en feu, l’homme est un soldat et/ou un alcoolo. Dans le cas du soldat, il n’y a même pas l’once d’une métaphore, c’est un chasseur à l’affût d’une proie, prêt à tirer sur tout ce qui bouge. Quand la pub suivante est une femme à poil, l’imaginaire du viol est assez évident, dans le meilleur des cas, avec son consentement, il pourra tirer son coup à l’heure prévue du rendez-vous. Peut-être est-ce, en tant que femme, ce qu’elle doit attendre de lui : être la proie la plus attractive, pour qu’un prédateur dominant daigne s’accoupler avec elle.

Homme Femme Mode d’emploi

Pub, femme et mobilité : un vélo chic ?

Revenons-en au domaine de compétence qui est le mien, les mobilités, avec cette publicité de Louis V dont je ne sais dire si je dois l’encourager. Est-ce que j’approuve ce message ? Est-ce que si je l’approuve, la marque m’offre un sac à main, cette sorte de Graal contemporain (ça peut entrer en ligne de compte) ? Il se dit que de nombreuses femmes seraient prêtes à tout pour en avoir un. Je plaisante bien sûr. Pourquoi cette publicité pourrait me plaire ?

J’aime voir des femmes sur des vélos. J’en vois plein. J’essaie de les photographier, mais ce n’est pas évident avec le mouvement. Elles sont parfois belles, mais rarement autant que ce mannequin, c’est un métier avec une forte sélection à l’entrée. Diktat de la beauté et l’esthétisme, jeunisme…Il y aurait beaucoup de critiques à formuler. Là encore, se pose la question de la déconcentration des conducteurs et le risque d’accident que j’imagine. Alors pourquoi je l’aime bien, elle ? Elle est belle, son sac à main coûte plus cher que mon bras ET elle fait du vélo. Donc, les bourgeoises peuvent faire du vélo. Premier message positif. Même issue de la noblesse ou entretenue, tu peux faire du vélo. Tu restes belle, élégante, prétentieuse, sophistiquée, chic, inabordable… Je note qu’elle ne pédale pas, elle est à l’arrêt, seule une mèche de cheveux se déplace, transportée par le vent. Deuxième niveau de lecture, imaginons qu’elle interpelle : « hey, psst, beau mec dans ta caisse, les meufs super canon comme moi font du vélo, laisse tomber la voiture, mets-toi au pédalier ! » Je crois que c’est ce discours-là qui me plaît bien. LVMH finance donc le lobby vélo (Merci Bernard Arnault, France Mobilité devrait peut-être subventionner cette campagne d’affichage. Maître, votre philanthropie est sans limite) et ça ne va pas plaire à Carlos Tavares, donc à moi le déMobiliste, ça me va bien.

Petite critique au passage pour la ville d’Orléans. J’ai lu dans un article que 88 panneaux de 3X4 m sont retirés « Parce que je considère qu’on est confronté à de plus en plus de publicité ; je crois que beaucoup de gens en ont marre, et je voulais qu’on supprime ces panneaux qui représentent à la fois une pollution visuelle et qui, en même temps, constituent à bien des égards des obstacles pour le cheminement, notamment piéton. » Dixit le maire, Serge Grouard. Bravo, cela libère environ 1056 m² de paysage et en retranche autant à la propagande mercantile, et donc souvent à la chosification des corps féminins.

Toutefois sont maintenus les sucettes (2m²) « au nombre de 187 dans Orléans, « qui, eux, ne gênent pas dans le paysage« . Je me permets de mettre un bémol. Si l’impact sur le paysage est moindre en m², ces affichages sont autant voire davantage dangereux, car le masque est vraiment à la hauteur des piétons. De plus, ces publicités forment des obstacles physiques au cheminement car ils sont au sol, alors que le 12m² est porté, on passe en dessous à pied. Et puis certains ont été placés avec une implantation pas très futée, pour rester poli.

Petite note positive : debout les femmes sur vos vélos

Je marche, pédale et prends les transports en commun n’importe où, n’importe quand. Je suis libre de mes mouvement et conscient de la chance qui est la mienne. Je peux aller au citystade, m’engager dans des ruelles sombres qui sentent l’urine. Personne ne me siffle, pourtant mes fesses sont fermes (grâce à la marche et au vélo). Je ne me suis fait « agresser » que deux fois seulement. A Amsterdam, un toxico m’a menacé avec une lame pour que je lui donne du cash, mais je n’en avais pas, c’était la fin du séjour, après dialogue et présentation de mon porte-monnaie vide, il est parti avec son complice. Il m’a menacé, plus qu’agressé. A Paris, dans le parc de Châtelet en plein jour et devant une foule de témoins, cinq jeunes (mais je l’étais aussi) m’ont plaqué au sol (après m’avoir demandé l’heure) pour me prendre un billet qui se trouvait dans ma poche. Je n’ai subi qu’une brève immobilisation forcée (sur de la pelouse), une palpation rapide et efficace à la recherche d’argent dans mes poches. Je n’ai pas été traumatisé. J’ai surtout été sidéré de l’absence de réaction du public et la brièveté de la scène. Si j’avais été une femme, ce gang aurait tout aussi bien pu me violer. Je me relève du sol, ils s’enfuient dans un coup de vent. J’interpelle la foule des témoins, une cinquantaine ou une centaine de personnes assises ou debout à moins de 5 m. Ils m’observent mais ne me voient pas. Un type me répond « casse toi, pauvre con ou dégage ! Je pars, la sidération ne tombe pas lorsque j’aperçois une patrouille de police à 50 m. A quoi bon ?

Si j’étais une femme, à certaines heures, dans certaines rues, je ne serais pas sereine. La voiture apporte une sécurisation (si l’agresseur n’est pas un proche, voire le conducteur, le chauffeur, d’où les taxis roses évoqués précédemment). J’observe sur ce point que le vélo est lui aussi vécu comme sécurisant, car il permet de filer et d’éviter les mecs lourds ou louches. Cela dit, ils peuvent aussi en avoir un ou utiliser un engin électrique encore plus rapide. Comment ça se passe la nuit ? Il y a des courses poursuites, des rodéos en guise de parade nuptiale ? Je n’en ai pas été témoin.

On entend souvent que les femmes font moins de vélo que les hommes, parce que c’est dangereux, inadapté au port de la jupe ou des talons, que leur socialisation les en aurait dissuadé. Je pense qu’on est en partie dans le faux argument typique, la justification pour ne pas faire, déployé par ceux et celles qui ne font pas de vélo. Il n’y a pas de genre dans les modes de transport, il n’y en a que dans les têtes et les discours qu’on projette dessus.

Le fait que la conduite automobile musclée soit un attribut viril n’empêche aucunement la capacité et le talent des femmes pilotes, qui inversent le stéréotype et se l’approprient, main gauche sur la portière avec la fenêtre ouverte, pied nerveux sur la pédale d’accélérateur pour faire pétarader le moteur, passion pour la mécanique et la puissance sous le capot. Ce sont des femmes à la conduite virile (dont je suis bien incapable). On peut imaginer qu’en selle, se trouve la même propension à l’accélération et à la trajectoire risquée. Je n’ai pas, dans mon entourage ou mes observations, d’exemple de jeune femme chevauchant la roue avant en l’air, ce qui pourtant est la grande mode des ados mâles sur les quais de la Loire et encore plus de la Garonne (je n’en ai jamais autant vu qu’à Bordeaux l’été dernier). Sur instantanégram, j’ai vu des énervées de la rampe en BMX, mais pas en vrai. Ce n’est donc pas encore quelque chose de très commun. Côté statique, il est permis d’affirmer qu’existe encore à ce jour un quasi monopole masculin de la violence routière : 8 morts sur 10, proportion plus élevée encore lorsqu’on regarde les seuls responsables des accidents mortels ou les auteurs des accidents évitables (circonstances aggravantes). L’État a raison de vouloir déviriliser la conduite. ça risque d’être lent comme processus.

En attendant, voici des vraies femmes qui appuient sur les pédales, avec des clichés volés dans la réalité de l’effort.

Elles sont aussi très fortes en marche à pied

Une dernière pépite pour finir, la première des pépites, le noyau sexiste, la mère de toutes les pépites : Il était une fois l’Homme

Point Graeber atteint !! Le point Godwin tout le monde connaît, c’est quand le ton monte tellement, que le débat descend dans les égouts de la pensée, l’interlocuteur est alors disqualifié, diabolisé, traité de nazi. Je n’en étais pas loin tout à l’heure, quand j’évoquais Weimar et le NSDAP (c’est parce que j’en ai un peu marre de décoller des autocollants Action Française, même s’ils se font plus rares ces derniers temps dans mon secteur).

Le point Graeber, c’est tout l’inverse (loi de Evillose?), il s’agit du moment où la discussion régénère, où quelqu’un se réfère aux plus nobles idées ou auteurs à sa disposition, pour élever le niveau du débat et rappeler la profonde bonté humaine. Souvent je commence par-là, après je dérive, décline et reviens à mon modeste niveau.

Quand j’ai lu Au commencement était…, je me suis dit : « Eurêka, mais c’est bien sûr, c’est ça qu’il faut faire ! » Il faut repartir de la cosmogonie. L’erreur originelle. Tout recommencer depuis le début. Poser une base saine au regard des connaissances disponibles à ce moment de l’histoire, ce don qui s’offre à nous, le présent, l’instant qui cumule la plus grande somme de connaissances de toute la longue histoire de l’humanité. On ne peut construire convenablement sans des fondations saines, droites, justes, exactes, véridiques. Continuer à bricoler sur un sol qui penche, se contorsionne en utilisant des matériaux hérités, usés, réenduire encore et encore des murs faits de pierres fissurés de poutres tordues, ça a du cachet, mais au bout d’un moment, aussi conservateur et amateur de rénovation qu’on puisse être, on a envie d’une belle démolition intégrale et d’une construction neuve, propre, d’équerre, au goût du jour.

Quelle est ma cosmogonie ? Comment m’a été conté l’origine de l’univers, du cosmos, du monde, de la vie, de l’humanité, de la société ? J’ai lu la genèse vers 18 ans, dans mon coin. On m’avait rebattu les oreilles, avec la première phrase et quelques moments clés, mais le texte complet jamais. Le récit commun, tel qu’il nous avait été narré au collège, était plus ou moins scientifique : le big bang, l’évolution darwiniste, l’homme descend du singe et maintenant débute la conquête spatiale. 2001 l’odyssée de l’espace pose l’alpha et l’oméga et remue le shaker. En réalité, le vrai récit cosmogonique, le mythe fondateur dans sa version condensée, celle qu’on communique au plus jeune, c’est un dessin animé qui me l’a livré : Il était une fois l’homme. Mon premier enseignant s’appelait Maëstro et avait une longue barbe blanche comme Panoramix ou Léonard. Il m’a appris beaucoup de choses. Il m’a donné envie d’apprendre comme certains de mes enseignants en chair et en os, comme Jean-Christophe Victor ou Fred et Jamy.

Ayant établit ce constat, j’ai visionné l’épisode n°1 d’Il était une fois… l’Homme.

Je suis tombé de ma chaise et Maëstro de son piédestal. Il n’entrera pas au Panthéon ni à l’Académie ou je m’y opposerai fermement. L’évolutionnisme unilinéaire pratiqué est violemment caricatural. Le morphing du générique, qui est une performance de dessin et d’animation, l’illustre à merveille. La frise chronologique est un modèle de pensée redoutablement efficace, un long corridor rectiligne et ascendant, un escalier. Le discours est si simplificateur et puissant, qu’il faut au moins cinq années post-bac en anthropologie pour le déconstruire. Le problème étant qu’une tête aussi bien faite que celle d’un ingénieur, un architecte ou un préfet, ne pratiquera pas ce désenvoûtement, alors que dire des autres ? C’est le premier point.

Sur le second point, nous revenons à notre sujet principal : le sexisme. Une image suffira à l’expliquer : de tout temps, les hommes ont tapé sur les femmes. Monsieur Pierrafeux avait coutume de la tracter par les cheveux, sans métaphore. Sur cette base, descendants de ces prédateurs, au fond de chaque homme sommeillerait une sorte de gorille qui tape sur les femmes. Nos gênes seraient ceux des violeurs en série paléolithiques qui ont œuvré pour la reproduction et la survie de l’espèce. Au mieux, l’homme peut tempérer ses appétits, mais il est violent par définition, violeur par généalogie.

Ma conclusion sera une invitation à tous les pédagogues, les dessinateurs ou dessinatrices de bandes dessinées et d’animés, les étudiant(e)s des Gobelins ou des beaux-arts… s’il vous plaît, pour la Saint Valentin, offrez-nous une V2 d’Il était une fois… l’Homme. Une version Graeber, mise à jour avec les connaissances archéologiques et anthropologiques disponibles à ce jour. Vous pouvez aussi vous inspirer de l’excellent documentaire Lady Sapiens. Gommer ces dogmes, effacer les mensonges de l’histoire, ce n’est pas oublier la réalité des faits historiques, ce n’est pas effacer Léon Trotski, c’est retrancher l’erreur pour ne pas qu’elle se répète encore et tenter d’approcher la vérité, égale et juste.

Pour toutes les femmes, joyeuse sainte vélotine. Signé : un homme, un vrai.

PS: Il y a du rab de pépites si vous en voulez les enfants.

Rue de la république, Orléans. Le lieu est dans le top 10 des points qui drainent le plus de piétons dans la ville. Tout proche du rail de guidage pour les aveugles se trouve plantée une sucette. Soudain, l’intelligence artificielle tente de me parler et me surprendre par l’ordre dans lequel les messages superficiels sont déversés : Irrésistible enchy – protectrice – choisissez une nounou – préjugé : il paraît que l’interim n’est pas un choix – Irréstistible enchy -1 femme sur 3 sera victime de violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie !

Libre de se garer.
Le propriétaire était à côté, il m’a demandé pourquoi je prenais son carrosse en photo.
« je ne suis pas de la police, j’apprécie l’art partout où il s’exprime.« 

Encore un peu de déchets publicitaires


4 réponses à “Au sujet du mauvais genre et pour souhaiter joyeuse Sainte-Vélotine”

  1. Ce que l’université apprend surtout, c’est à comparer, analyser, comprendre, et se défier de toute vision étroite, qu’elle soit qualifiée de « droite » ou de « gauche ». Certes, tu es « évangéliste » en vélo, mais tu sais aussi que c’est une des modalités des déplacements, pas la seule, et qu’elle ne peut pas plus que le tram ou le train satisfaire tous les besoins, même à Amsterdam ou au Vietnam!

    C’est vrai que la société dite de « consommation » peut être obsédante, et qu’elle s’efforce de vendre des produits qu’on n’achète pas spontanément, qu’elle utilise la beauté féminine ou le charme « sauvage » d’un bellâtre pour habiller de l’anodin ou de l’inutile, mais si cela aide certains à vivre dans une société dure où l’emploi est rare et les contraintes multiples, est-ce si gênant? Je préfère quand même vivre dans une société d’abondance et de gâchis relatif que lorsque j’allais en Yougoslavie où l’unique restaurant en zone « touristique » était ouvert de 11h45 à 12h15, le supermarché ne proposant que du lait et 3 paquets de pâtes!

    Par ailleurs, j’aime bien tes textes, profonds derrière une apparente superficialité et de multiples incises! Mais tout radicalisme est à regarder avec un peu de distanciation, y compris ceux qui sont à la mode, y compris ceux qui se prétendent critique radicale de la société telle qu’elle va!

    Amicales pensées

    François

    Aimé par 1 personne

    • Je caricature l’enseignement et ne serai jamais assez reconnaissant de toute personne qui m’a appris.
      Je ne suis pas si pro-vélo que ça. Comme tu dis, c’est une solution parmi d’autres. Une très bonne et éprouvée solution, pas la seule.
      La société de consommation m’exaspère et m’épuise (avec l’obsolescence, les pannes). Je suis bien content que mon frigo soit plein, d’être relié à l’électricité, l’eau, internet… Je n’ai rien contre le progrès, l’émancipation, le confort, la vie meilleure, la liberté… Mais ce n’est pas incompatible avec une forme de sobriété. Au contraire, là où une société de pénurie doit rationner, une société d’abondance doit être capable de découvrir la satiété, sinon c’est l’obésité, voire le gavage. On est d’accord que le poison est souvent l’abus, plus que le produit, et parfois le remède est pire que le poison.
      Je n’invite personne a suivre autre chose que son bon sens (normalement on est tous dotés). Je ne dis pas que l’extrême gauche c’est mieux que l’extrême droite, je trouve seulement bizarre qu’on nous parle d’ultragauche, alors que l’ultradroite devient lambda et que le centre de gravité, déjà de ce côté, se met à pencher encore davantage. Ce que je trouve vraiment inquiétant.
      Amitiés

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      • Sur l’extrême droite, et sur la droitisation en général, je suis en plein accord avec toi. Garantir la sécurité est un des devoirs essentiels pour toute gouvernance, mais il ne suffit certes pas d’être capable de compter le nombre de points de deal, et ceux qui veulent couper les arbres le long d’une route pour empêcher qu’ils aspirent les voitures manquent un peu de réflexion! L’université a le grand mérite de faire progresser la réflexion, d’éviter d’acquiescer à tout discours prononcé, même par quelqu’un que l’on respecte, de tenter d’approfondir, d’aller au-delà des apparences, des idées à la mode, même s’il arrive que l’on y tombe… Je fais confiance à la plupart des gens pour limiter leurs excès, et les résultats successifs des élections prouvent un certain bon sens collectif, encore faut-il qu’il y ait une « offre politique » autre que celle des menteurs patentés…

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  2. […] Dans un billet précédent, je me suis étonné de la nudité des femmes sur ces panneaux d’affichage. Il y a un décalage criant, entre les femmes qu’on croise dans la rue et celles qu’on trouve sur les affiches. On peut donc y voir une forme de poursuite du beau, l’affiche développerait un imaginaire à l’esthétique supérieur à la réalité. En revanche, l’espace public est saturé de voitures et l’affiche vient en ajouter une couche, la énième. Ce serait comme une affiche d’arbre dans une forêt, on ne voit pas bien en quoi ça va attirer l’œil. S’ils le font, c’est bien que ça doit rapporter, hein !!! (aux publicitaires c’est sûr) […]

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