Laurent Fouillé déMobiliste

Sociologue Urbaniste

Qu’est-ce que ça fait un déMobiliste ?


(En dehors de lire des livres et écrire des billets trop longs sur son blog que personne ne lit. Deux choses que je considère comme faisant partie intégrale de mon travail. D’ailleurs, l’achat de livres passe avant le versement d’un salaire, la lecture c’est de l’investissement).

Au départ, pour décrire mon activité et me présenter, j’avais imaginé une interview fictive. J’aime les journalistes et admire leur art de la concision. Avec cette interview fictive, je pouvais jouer les deux rôles : poser les questions et formuler les réponses, répondre aux questions que je voudrais qu’on me pose. Un sociologue, c’est un peu un journaliste : il pose des questions, enregistre les réponses, les compare, trie, analyse, commente, synthétise. Je me suis bien amusé à l’écrire, mais je n’assume pas pleinement, car cela peut être interprété comme égomaniaque, narcissique au carré et surtout cela produit beaucoup trop de mots. De mon point de vue, c’était aussi une forme d’autodérision, car j’imaginais un journaliste assez méprisant vis-à-vis de mon projet. Encore un document qui rejoint le dossier déjà bien fourni des papiers non publiés, une sorte de salle d’attente avant la corbeille.

J’ai volé cette image dans streetview. Je ne suis jamais allé à Glandage (mais un jour j’aimerais y passer des vacances alpines).

Je change donc mon fusil d’épaule. J’ai ausculté mon agenda, en ai extrait mon activité, afin de vous rendre des comptes en dressant la liste de mes méfaits en tant qu’indépendant.

Pendant de longues années, j’ai été salarié. Nul ne peut me qualifier d’entreprenant, je n’ai pas l’âme de l’entrepreneur et mes dents sont courtes. Je me soumets facilement à l’autorité d’un chef, dès qu’il a mon estime et que j’ai le sentiment d’aller au combat pour une cause juste. Commander une paire de chaussures, c’est mon maximum. Mes enfants savent que mon autorité n’est que de façade, je leur donne des ordres mais la sanction pour non-respect tarde à venir ou se perd en chemin (cependant, j’ai des principes (à la con) : « si je dis non, c’est non ! « , bien que je sois celui qui subisse le plus les conséquences de cette position compliquée à tenir).

Suite à une rupture conventionnelle qui m’a rendu la liberté en juillet 2021 (ce fut en quelque sorte mon jour de l’indépendance ou celui de la proclamation de l’abolitionnisme, la fin d’un supplice de non-sens qui avait trop duré, car je m’étais auto-diagnostiqué un bullshit job : celui de donner des conseils à des gens qui n’en veulent pas et écrire pour des gens qui ne lisent pas, je ne peux pas dire que ce blog soit un succès éditorial, mais 1- j’y écris ce que je veux, 2-j’ai des retours de lecteurs, je mets au pluriel car c’est supérieur ou égal à 2… à savoir François Hamet, Fabienne Galabert et Cyril Frayssinet, ça en fait 3 déjà !!!), j’ai été indemnisé par Paul Emploi. Je suis reconnaissant de ce retour d’une part de mes cotisations, mais pas des enfers administratifs qui m’ont conduit à démissionner de ce qui ne s’appelait pas encore France Travail, dès que j’ai pu bénéficier de l’ACRE et l’ARCE, dont hélas, les avantages avaient été revus à la baisse (en 2021 c’était plus intéressant). Remplir des formulaires pour faire semblant de rechercher un emploi, c’était bien au-dessus de mes forces, surtout quand on commençait à ne plus me verser mes indemnités parce que j’avais travaillé une heure et que l’employeur fournit les fiches de paie avec un mois de décalage (erreur système pour la plateforme de Pôle Emploi).

Je vous prédis que la CAF va bientôt s’appeler France Famille et assez logiquement, il faudra ensuite trouver un France Patrie (l’ANTS semble toute désignée).

Bref, c’est ainsi que depuis mars 2022, je suis mon propre patron et esclave. Patron peu porté sur l’esclavagisme et le profit, je m’exploite modérément et me rémunère par conséquent moins que le salaire antérieur (de la peur) et même moins que l’indemnisation accordée par Saint-Paul dans sa grande miséricorde. En contrepartie, je fais ce qui me plaît (en dehors de la compta, que je fais sans plaisir) et fort heureusement, je ne rêve plus de Lamborghini depuis l’adolescence. Dans cette fabuleuse success story, je suis parvenu à me verser un billet de 1000 par mois après un an de travail (pendant lequel c’est l’ARCE qui assurait l’essentiel de mes revenus), ça fait un trimestre que je me suis augmenté pour atteindre le SMIC ! Champomy !! Ou plutôt Apibul (pour les connaisseurs) !!!

Ma voiture de fonction (vue à Carcassonne)

Me voilà donc aussi indépendant que Vincent Edin et je peux mettre l’autoradio à fond sur « La balade des indépendants » (Flynt feat Nasme, album : Itinéraire Bis) ou mieux encore le remix (le morceau commence par ce bruit caractéristique de train sur des rails, album : ArtMature vol. 2). En vrai, c’est mon téléphone qui fait la musique (ou plutôt mon Walkman/appareil photo qui fait aussi téléphone). Est-ce que baladeur veut encore dire quelque chose pour les jeunes ?

Restons factuel, ce que fait le déMobiliste :

Forme et enseigne un peu (et cotise)

C’est de l’analyse de controverses sociotechniques. Merci Bruno Latour, votre méthode fonctionne toujours, les étudiants trouvent dans l’actualité des fronts polémiques et les décortiquent. Je participe aussi au jury des mémoires de M1 et M2 avec Denis Chabault

  • Pour le CNFPT
    • Metz : Développer un Urbanisme Favorable à la Santé pour Metz Métropole avec Coralie Falgas-Lemoine et l’AGURAM,
    • Poitiers : L’évaluation des politiques de mobilité
    • Limoges : Faire évoluer les comportements individuels
    • Caen : Mobilité en territoires peu denses
    • Dunkerque : Dialogue territorial et concertation dans les politiques de mobilité

Ça m’a beaucoup occupé et apporté, avec tous les groupes, il y a eu de riches échanges avec beaucoup de diversité entre les agents, leurs territoires et leurs élus. Je rempile cette année, j’espère que ce sera aussi bien (en espérant que ce soit partagé). Ça m’aide à visiter le pays et utiliser les trains. A venir : Poitiers, Bordeaux, Lille, Strasbourg, Paris, mais aussi une nouveauté Orléans !!

Participe à des missions d’étude

  • Orléans, RSE CACL avec Silbo et l’ami Sylvain Page et Pascale Boissier

Ce fut ma première mission (merci Sylvain) : la production et l’analyse d’entretiens et de questionnaires auprès des partenaires et des salariés d’une banque. Le sujet n’était pas la mobilité, mais elle revenait sans cesse au cours des échanges qui portaient sur la responsabilité sociétale de l’entreprise.

  • Rennes, Concertation Sud Gare avec Vox Operatio (Anne Chevrel, Lucie Béguin, Romain Duval) et Zèdegrafik Céline Ziwès pour la Ville de Rennes (Gildas Bourven, Valérie Faucheux, Olivier Roullier) et avec la participation active des Sudgariens, un peuple qui mérite d’être connu, pour cela il suffit de sortir de la gare de Rennes et marcher en direction du Sud.

Cette étude mériterait un billet, mais il pourrait être long. C’est presque ce que je voudrais faire tous les jours quand je serai grand. Des documents sont consultables ici. J’ai surtout travaillé sur le diagnostic. Mais j’ai aussi aimé participer aux ateliers avec les habitants, leur donner quelques notions et les voir s’en saisir pour leur quartier. Habitué à pousser des élus qui appuient sur le frein, je me suis retrouvé à demander aux habitants de se calmer sur la pédale d’accélérateur : quel plaisir ! Une renaissance.

J’écrirai un billet sur Vitrolles, car c’est une ville qui le mérite, exceptionnelle à plus d’un titre. La thématique était nouvelle pour moi, mais pas tant que ça, j’ai un lien fort avec les déchets depuis ma tendre enfance. Ce fut l’occasion de rencontrer Xavier ! Merci de m’avoir permis de faire les poubelles, ça tombait pile dans un creux d’activité. C’est ce qui m’a permis de devenir SMICARD (une augmentation de 40%, je vous rappelle).

Vitrolles : Zone de Bisoux !

Monte des projets (dossier de demande de subvention)

  • Réponse à l’APR PREVER de l’ADEME avec Jean Marie Madoré (Mobility Partner) et Nathalie Ortar (ENTPE)

Voilà qui serait un vrai job de sociologue : une réponse à un appel à projet de recherche pour mettre au point et tester un protocole d’usage pour les véhicules intermédiaires développés dans le cadre de l’eXtreme Defi organisé par l’ADEME. L’idée étant de formaliser, valoriser et faire circuler la connaissance produite par les premiers utilisateurs afin d’améliorer les véhicules, les aménagements et le discours à tenir pour favoriser leur diffusion. Un projet sur deux ans, avec des tests dans trois territoires, avec différents véhicules. A venir

C’est ce que je voudrais vraiment faire dans la vie ! Merci à la Ville de Lorient (Marine Clavel…) de croire en mon projet. Qui sait ? Je serai peut-être le premier dévendeur de voiture financé par l’ADEME ? Un retour à la base et aux sources.

Répond à des appels (mais n’est pas retenu)

Pfff ! c’est la rubrique des coups d’épée dans l’eau, que j’aimerais voir disparaître, un travail qui n’a servi à rien, sinon à se mettre en ordre de bataille. Développer davantage serait accroître la perte de temps ou remuer le couteau. Une image tout de même.

Là encore, je n’y suis jamais allé. Mais je me projetais bien dans le territoire, pour y faire un diagnostic en pédalant dans ce coin de la Normandie

Donne des conférences

Je peux à la demande faire de longs monologues (en plus d’en écrire ;-).

  • Vers une réduction de l’usage de la voiture,

Le 29/09/2021 à Reims. Café Urba de l’Assoc’Iateur (asso des étudiants de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de Reims), il existe un enregistrement vidéo sur le trombinoscope mondial, mais hélas, problème de latéralité, droite et gauche sont inversés, si quelqu’un sait modifier ? Est-ce mon incompatibilité congénitale avec les machines ? La piste audio n’est pas folle, il y avait un peu de boucan dans le Delirium Tremens. Je mets donc le diaporama (alors autant dans mon blog, j’écris trop, autant sur un diaporama, je colle surtout des images, j’adore présenter mes photos de vacances, tout est dans le commentaire)

  • Pour sortir de l’idéal technique de la mobilité

Le 10/11/2023 à Isle. Intervention lors des rencontres nationales de l’ATTF. C’était à côté de Limoges, où je donnais une formation. J’y suis allé à pied depuis l’hôtel situé au pont de la Révolution, puis j’ai covoituré pour ne pas louper le train du retour, merci Pascal Zemiri

  • Quelle stratégie de mobilité en dehors des métropoles ? Mobi-Rura-lité

Le 16/11/2023 à Val d’Anast, pour l’Alliance Intermétropolitaine Loire Bretagne et Angela Rebin Covoiturage obligatoire pour atteindre Val d’Anast : le pilote était l’hôte Michel Jeannenot.

(Je précise ces covoiturages car ça facilitera mon bilan carbone. Le reste c’est du train, électrique, en dehors d’un Tours-Le Mans thermique)

Participe/assiste encore plus/ à des wébinaires

  • Sors de la voiture Simone !

Le 08/09/2022. Le webinaire « En Voiture Simone » pour Ehop organisé par Morgane Le Garzic et consultable ici. J’y pose les jalons de mon programme d’action : une politique de sortie de la voiture à destination des adultes.

Assiste à des conférences

Il y a de nombreux colloques auxquels je n’ai pas participé, faute de budget souvent, de temps aussi (par exemple : les secondes assises de la marche en ville, je donnais une formation sur le même sujet à Limoges, pendant que ça avait lieu à Reims). J’ai la chance d’avoir pu assister à deux Tribunaux des Générations Futures : Une ville désirable est-elle une ville sans voiture ? à Rennes et Faut-il arrêter de se déplacer ? pour lequel je me suis déplacé à Paris (pendant les vacances scolaires).

Réseaute et papote

J’ai discuté avec pas mal de personnes (en plus de celles avec qui les échanges sont allés jusqu’à des projets concrets et de celles que je connaissais déjà auparavant et que j’ai peut-être beaucoup sollicité, par exemple Maël Caillebot). Tous, je vous remercie de m’avoir accordé un peu de votre temps, notamment Julien de Labaca, Gabriel Plassat, Alexandre Monnin, Jérôme Cuny, Aurélien Bigo, Stéphane Schultz, Anaïs Rocci, Didier Jeanjean, Bruno Armand, Pierre Musseau, Cathy Lamri, Hélène Exbrayat, Victor Paquet, Anne Matysen, Clara Beaumont, Joseph d’Halluin, Thomas Charrier

Pour ça, LinkedIn est vraiment top. Quand tu te lances, tu es un peu seul au monde (ce n’est pas ta famille et tes amis qui vont t’aider dans ce domaine qui reste à inventer). En gros, tu embarques sur un rafiot construit par tes soins pour traverser l’Atlantique en solitaire. Dans ton désespoir, qui ressemble souvent à une mer d’huile sans le moindre vent et clapot, un miroir d’eau à perte de vue, plus qu’à une mer agitée par la tempête (j’ai eu la chance de ne pas voir des creux de 5 mètres), tu envoies des bouteilles à la mer. A ta grande surprise, des gens très occupés, que tu ne connais pas, prennent le temps de discuter avec toi de ton projet. Quand tes ventes sont à zéro (et que la déclaration trimestrielle de l’Urssaf te le rappelle, en plus de ton compte en banque à sec), ça fait vraiment du bien au moral d’avoir ne serait-ce qu’une oreille attentive, mais aussi souvent des encouragements et des conseils pour aider ton projet à voir le jour. C’est précieux. Pour moi, c’est le meilleur qu’on puisse tirer d’un réseau social professionnel.

Fait trop peu de volontariat

  • Montage du projet Laboratoire des Mobilités avec Moins Vite, Ludovic Bu et Anastasiia Kondratieva

Un beau projet, avorté à cause des circonstances, mais l’idée reste toujours aussi bonne ! Ludovic avait obtenu un financement de la région Pays de la Loire et trouvé un territoire d’expérimentation : la CC du Mont des Avaloirs (Cyril Couroussé et Diane Rouland). Il avait réuni un comité scientifique du tonnerre et s’était entouré d’une belle équipe opérationnelle. On montait un dossier pour TENMOD. On était si près du but (je recherche une photo collector), mais c’était un peu loin et l’économie du projet était précaire. De mon côté, je mettais fin à mon indemnisation chômage (le bénévolat suppose d’avoir d’autres ressources), Ludovic quittait le Mans (et il ne savait pas encore où il allait devoir emménager). Quant à Anastasiia, elle faisait preuve de résilience, pendant que l’Ukraine subissait l’invasion… En passant, regardez L’ombre de Staline si vous vous sentez solides.

  • Potager pédagogique Hélène Cadou

Ayant proposé et obtenu un potager pédagogique dans le parc éponyme (en face de chez moi) avec le budget participatif d’Orléans, pour un montant de 80 000€ (!!!), j’y ai consacré un peu de temps. Ce potager mériterait un billet, mais je n’arriverais pas à faire court, les plantes poussent à une vitesse ! J’ai un an de photographies de légumes (936 pour être précis). Il va falloir que je recommence à semer et à motiver le voisinage. Attention lien social en cours d’enracinement !

Au potager, ce qui pousse le mieux, ce qui a les plus hauts rendements, c’est les graines qui poussent spontanément à partir du compost.
  • Week-end en douceur

Contribution modique à l’organisation de la journée sans voiture à Orléans avec des habitants du centre-ville. J’ai surtout motivé mes voisins à une fête de la rue improvisée sur le macadam, pendant que les autos nous laissaient la place libre. Un billet a été consacré à cette journée de démobilisme actif.

  • La fabrique des mobilités

J’ai passé trop peu de temps à échanger sur la démobilité avec le groupe de travail mis en place par la fabrique démobilité.

  • Participation aux assos locales

Je n’ai pas participé à suffisamment de Vélorutions (le vendredi soir, c’est en conflit avec d’autres moments de convivialité). J’adhère à 1-Terre-Actions, mais l’état du Motobécane trahi les carences de mon projet d’auto-réparation. La maison de l’Argonne est un lieu magique. Depuis peu, je voudrais donner un coup de main à DAMMO.

Fait la comptabilité (qui n’est pas compliquée pour le moment, mais cette partie de gestion administrative donne envie de la réduire). Je n’écrirai pas là-dessus.

Écrit un blog

Depuis janvier 2022, je raconte mes aventures et essaie de le faire avec de l’humour et des illustrations (je voudrais valoriser mon stock de photos). J’ai écrit 15 (beaucoup trop) longs billets qui totalisent très peu de vues. Je remercie mes précieux lecteurs, car ils m’encouragent, mais comme ces personnes se comptent sur les doigts d’une main, il faut savoir se remettre en question. Le format n’est pas populaire et totalement inadapté à l’accélération contemporaine (et à la lecture sur écran). J’ai bien plus de retours me disant que c’est trop long. J’abuse certainement des digressions et des anecdotes personnelles. C’est un choix, un parti pris d’écriture. Si pas de lecteur ou trop peu, alors il faudra certainement accepter de réduire en longueur pour être davantage lu… snif ! Blogueur sans lecteur, c’est un bullshit job ou une lubie.

Contribue aux réseaux sociaux

J’ai commencé ce blog, parce que j’en avais marre de publier sur LinkedIn des posts qui atteignent 1000 impressions ou 2000, mais ne se traduisent que par 10 à 30 pouces levés. Je me dis que je produis du contenu pour cette plateforme, mais l’algorithme ne me le rend pas bien. Il m’est défavorable. D’ailleurs souvent, je ne publie pas, parce que mes contributions comptent trop de caractères et je n’ai pas envie de réduire. Ma meilleure publication est une photo de la couverture d’un ancien numéro d’Alter Eco 13000 impressions, 130 réactions … pour un contenu que je n’ai pas vraiment produit, mais seulement reproduit.

J’ai créé un compte Mastodon (je boycotte X depuis que ça s’appelle twitter) et je n’ai rien publié. Je ne trouve pas beaucoup de contacts. Je m’appelle déMobiliste @laurentfouille, si vous en êtes.

Je débarque sur Instagram après la bataille (alors que je boycotte Facebook depuis l’origine, mais ils me connaissent déjà à cause de WhatsApp). Instagram est un enfer cérébral. Le positif étant que ça m’a permis de me connecter à un réseau plus artistique que sur LinkedIn : notamment dans le domaine du street art, mais aussi du jardinage, de l’humour. Je pourrais passer ma vie à scroller. Le format est adapté pour publier certaines photos qui ne méritent pas à elle-seules un billet sur mon blog. L’algorithme m’est complètement défavorable, si je fais 6 ou 7 vues, je suis content. Je ne vais donc pas persister trop longtemps. J’ai un compte, c’est bien. Ici, c’est @demobiliste, 20 publis, 14 followers. Fort impact social !!

Il m’arrive aussi de décrocher mon téléphone lors d’un appel par un numéro inconnu (quelle folie), mais ce n’est pas toujours du démarchage commercial, une erreur ou un bot, parfois c’est un journaliste en investigation. S’en suit une discussion, parfois pendant une demi-heure. Puis un article est publié. Vous l’attendiez. Parfois il vous rend fier, flatte votre égo, mais plus souvent il se résume à quelques citations malheureuses. Vous trouvez que vous aviez dit des choses plus intéressantes. Beaucoup plus rarement, votre voix fait l’objet d’un montage et est diffusée à l’antenne. Je suis admiratif, car je trouve que ce montage condense mon propos et produit un beau fil directeur (à partir de mes circonvolutions, c’est fort).

Grâce à ces appels impromptus, il m’est arrivé d’obtenir une information avec quatre jours d’avance sur le reste du pays : Élisabeth Borne allait abaisser l’âge du permis à 17 ans. Avec le journaliste du Monde qui m’a interrompu en plein repassage sur la terrasse (il faisait chaud, je ne voulais pas chauffer dans le logement), on a discuté, mais je n’ai pas souhaité commenter ce qui n’était à ce stade pas encore une annonce gouvernementale, mais une simple rumeur. J’ai été sidéré d’avoir accès à cette indiscrétion. Je pensais que ça n’allait pas se produire, et finalement si ! Il y a donc bien des fuites organisées en amont des annonces officielles… Quand on peut, il faut toujours décrocher le téléphone, bien que cela fasse partie de mes hantises.

La suite (qui n’est pas une fin)

Pour réduire la longueur de la copie, mes billets seront désormais des cartes postales. Enfin, métaphoriquement, car elles raconteront une rencontre avec une ville : Dunkerque, Vitrolles, Caen ou Limoges (Lorient, Rennes, c’est déjà fait). Je ne m’interdis pas de mentionner d’autres villes mais le point d’entrée sera une ville en particulier avec un thème principal (dont j’essaierai de ne pas trop m’éloigner).

J’ai commencé à écrire sur Dunkerque et la gratuité du bus, il y est aussi question de marche et de vélo. Il y a déjà tant à dire sur la gratuité, mais je ne peux occulter mes observations. Ça risque d’être long.

Il y aura forcément un billet sur Vitrolles, ville de la bagnole, qui parlera de bruit, dépendance à l’auto et coupure urbaine (et pas de la petite coupure, on ne parle pas d’une plaie qu’on pourrait simplement recoudre, on est plus proche de la mutilation ou l’amputation). Les déchets étant l’objet de ma mission, ils seront nécessairement abordés.

A Caen, la ville la plus cool du monde, j’évoquerais l’humour, la signalétique, les pictogrammes, un peu la vélomania et le stationnement, notamment une Zone de Rencontre parking du meilleur goût.

Lorsque nous aurons un peu plus de recul, sur notre intervention, dans le quartier Sud Gare à Rennes, il faudrait en réaliser un bilan après travaux.

Sur Limoges, j’ai beaucoup à dire, il faudra plusieurs papiers : le drive bancaire, le stationnement interdit le jeudi, des aménagements cyclables étranges, un hommage au vénérable cycliste, c’est peut-être une série…

Dans le cas d’Orléans, il faudrait sûrement m’obliger à ne décrire qu’un seul lieu à la fois : le passage piéton de la mort, le square Charles Péguy (les deux ensemble ?), le pont Thinat, les nano-aménagements, la station Royale et ses quais circulés, les combles lacunes de la place de Gaulle…  Je pourrais en écrire un guide touristique des erreurs d’aménagement. Comme certains sont voisins et s’inscrivent dans un ensemble plus vaste appelé les Mails, un ou des regroupements restent envisagés.

Affaire à suivre …


6 réponses à “Qu’est-ce que ça fait un déMobiliste ?”

  1. …je te lis, c’est long, certes, mais pas tant que ça, et ton humour et tes digressions rendent le cheminement plaisant ! Je vois que tu parcours notre beau pays, c’est toujours un plaisir, même si les missions tardent ou s’anémient, et que la rentabilité s’apparente souvent plus à de la survie qu’autre chose, mais bah…
    Bon printemps et bonnes suites !
    François

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    • Je sais que j’ai une poignée de lecteur dont tu fais partie François (MERCI).
      Je ne vise par la rentabilité mais seulement l’enrichissement personnel !!
      L’avenir est prometteur et les beaux jours arrivent.
      Porte toi bien

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  2. J’ai tout lu. Enfin, ce billet. Et je trouve que tu es gentil de ne pas mentionner le rôle négatif des élus vieillissants dans l’abandon du projet de Laboratoire des proximités. Leurs tergiversations ont aussi participé de l’envie d’arrêter l’expérimentation. Difficile de travailler avec une collectivité qui accepte un projet expérimental réfléchi, puis demande tous les trois mois qu’on le rabote, le coupe, l’étende, le transforme…

    Aimé par 1 personne

    • Merci de ta lecture. Tu savais pas que j’étais un gentil ?? Pour le Labo, il suffit donc d’attendre un peu, alors ou d’en trouver d’autres plus jeunes. Moins loin ça m’arrangerait pour rien te cacher.

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  3. Et bien moi, j’aime bien votre style. Comme c’est long, je passe faire un tour quand j’ai un peu de temps, le soir, je me pose, et je prends le temps de lire des billets au style très plaisant et grâce auxquels j’apprends plein de choses. Je regarde ma ville autrement aussi.

    J’admire celles et ceux qui prennent le temps (le risque ?) de l’écriture et du regard publics, de la critique, de l’incertitude, de l’entrepeuneuriat, des chemins de traverse.

    Alors merci pour ce billet courageux et empreint d’un peu de découragement je crois, mais aussi pour tous les autres.

    Quelle que soit la suite, je serai au rendez-vous.

    Bon courage et belles aventures à venir !

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    • Merci beaucoup chère voisine (je croyais qu’il y en avait plusieurs, mais vous êtes donc l’originale : L’Orléanaise).
      Mon découragement n’est que de façade, j’en joue et je crois que je n’ai jamais été aussi motivé.
      En fait, ce qui manque dans mon affaire, c’est les recettes et les clients (mais j’ai des perspectives de progression très encourageantes).
      Concernant mon blog, j’ai toujours l’impression de monologuer et d’ajouter du bruit dans un web qui n’en manque pas, ça me prend du temps et ce n’est pas ça qui fait bouillir la marmite.
      Toutefois, si le plaisir est partagé, qu’il y a des lecteurs et lectrices, que leurs retours sont positifs (ce qui me semble être le cas) le courage ne manquera pas.
      Il y aura de belles aventures.

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