Laurent Fouillé déMobiliste

Sociologue Urbaniste

Perpignan sous la pluie ou La pluie, ça mouille, mais le fascisme tue.


Je n’ai pas vu le Canigou masqué par les nuages, je n’ai pas vu la rayonnante mais la grisailleuse, je n’ai pas vu Marine et Jordan mais certains de leurs aficionados fiers d’en être.

Printemps de la liberté d’expression, revenez plus tard

Un an auparavant, nous découvrions Belle-Ile depuis l’ouverture d’une fenêtre ensoleillée de la durée exacte de notre séjour, un véritable hold-up solaire et îlien. En 2024 du fait de la triste loi de la symétrie, c’est Perpignan que nous visitons durant un épisode dépressionnaire calqué sur nos dates de congés. Le bon côté des choses : nous apportons la pluie dans une région qui en manque cruellement. C’est très flatteur, car le faiseur de pluie se situe entre le roi et dieu, dans la hiérarchie des êtres, car en territoire aride le roi est celui qui peut exiger du faiseur de pluie qu’il implore au divin de déverser le précieux liquide céleste lorsqu’il vient à manquer au sol, pour mieux comprendre cela il faut lire Sur les rois, avec tous les risques que cela comporte. Le moins bon côté : nous découvrons les rues désertées par ceux qui peuvent se mettre à l’abri. Les gouttières débordent, les flaques s’accumulent, les pieds sont mouillés, il ne fait pas froid sous la cape, mais la vue est restreinte par cette burqa imperméable, en plus d’être focalisée sur le sol pour éviter les flaques. La prise de photo est également limitée, ce qui est une bonne chose. Non que le décor n’en vaille la peine, mais la lumière n’est pas là et l’appareil craint l’eau. Il ne faut pas exagérer non plus, il y eut des accalmies entre deux averses.

Vendredi matin départ vers 7h00 d’Orléans direction le Nord, avec le train français, c’est comme ça : quand on aime rouler vite, on ne compte pas les kilomètres, mais seulement les minutes. Paris Austerlitz, on traverse le pont du Général : pause petit déjeuner, puis attente sur le parvis ensoleillé de la gare de Lyon où il est interdit d’attacher son vélo. Attente encore, mais dans le hall de la gare cette fois et sous une publicité pour la voiture ou devrais-je dire une propagande pour une nouvelle variante de l’équation de Lénine : « le fordisme, c’est les bagnoles plus l’électricité ». 10h40 : direction le Sud, le TGV est à destination de Perpignan et il est plein à craquer, c’est un OUIGO. Je me consacre peu au paysage dans un premier temps, car ce chemin est vu et revu (bien qu’apprécié, notamment le bocage charolais). On finit par apercevoir Lyon de loin, arrêt minute à l’aéroport. Une fois passée Avignon, a lieu la bifurcation qui nous dirige vers Nîmes. Jusqu’ici, j’étais aux prises avec Les mots et les choses car je n’ai pas réussi à terminer la lecture de ce Michel Foucault avant le départ, ce sera donc ma seule lecture de vacances (et cet opus, ce n’est pas des vacances). J’interrompts la lecture pour découvrir ce bout du réseau qui m’est encore inconnu, jusqu’à Béziers, il s’agit pour moi du chaînon manquant, une terra incognita. J’observe Montpellier pour la première fois, suivent le dépôt pétrolier de Frontignan, Sète, puis la portion magique qui s’étire jusqu’à Marseillan Plage et Maldormir avec d’un côté la Méditerranée et de l’autre l’Etang de Thau, mais les nuages gris ternissent déjà l’image… Ensuite la voie retourne dans les terres, dessert Agdes puis trace vers Béziers. Ayant déjà exploré entre Béziers, Narbonne et jusqu’à Leucate-La Franqui (été 2022), je sais que cette dernière portion vaut le coup d’œil pour contempler des hordes de flamants roses. Le début de la portion suivante n’est pas mal non plus, cette fois le train borde seulement l’étang de Salses. Puis nous filons jusqu’à Perpignan. Petite marche vers l’hôtel, l’avenue du Général (encore lui) et la place de Catalogne sont plantés de palmiers, hauts comme ceux qui poussaient place Castellane à Marseille (vous savez, ceux qu’on a coupé un beau matin). Dali nous accueille à bras ouvert, haut perché sur une chaise rouge. On s’installe à l’hôtel, on sort pour visiter, mais surtout trouver à manger et on dort. C’est fatigant le train de jour.

Samedi matin, l’hôtel diffuse Cnews dans la salle à manger et le bandeau « Sciences Po nouveau QG de l’extrême gauche » tout en finesse, attire mon attention. Le RN fait sont rassemblement « polémique » du 1er Mai à Perpignan ! Jordan et Marine vont faire leur kermesse ici, super. En passant, je découvre que le maire de la ville est un ex-Monsieur Marine Le Pen : Louis Aliot. Ça fait beaucoup d’infos, pour un petit déjeuner. Je reste concentré sur le buffet, il ne faudrait pas que cela me coupe l’appétit, j’ai prévu de commencer la journée par un repas d’échelle continentale. Concernant Sciences Po, à la lecture de la liste des anciens élèves célèbres, si l’on trouve bien quelques LFI, il faut surtout reconnaître qu’on penche plutôt vers le centre droit : exPS, UMP, LREM. Ah, si seulement Florian Philippot avait été admis, nous n’en serions pas là. J’ai lu dans Paris Match que Jordan a obtenu son bac avec mention très bien, bravo champion, en revanche il a abandonné la géographie avant le diplôme de licence… s’il s’était un peu plus intéressé aux noms des fleuves… La photo de l’article vaut le coup d’œil, s’il avait continué à marcher ainsi, il serait invalide depuis longtemps.

[En 2022, nous logions à Narbonne, lors de notre visite de Béziers, je savais qui était Monsieur Le Maire, mais je ne pensais pas trouver son adresse en allant le plus innocemment du monde acheter un sandwich à la boulangerie du cristal. Dans la file d’attente, planté devant le 42 allée Paul Riquet, une étiquette attire mon attention : Robert Ménard. Ce n’était pas un kebab, mais un sandwich américain, si ma mémoire est bonne. Il eut été plus patriote et chauvin de commander un jambon beurre, ce qui comportait le risque que ce dernier soit doux et donc impropre à ma consommation. Chaque nuit, le Maire s’endort au-dessus du Cristal rêvant, qui sait ? à la prochaine nuit de cristal ? ]

Le matin, on visite la ville, il fait gris, froid, venteux, humide. On monte en haut du Castillet. C’est beau, toutes ces toitures de tuiles, mais il y a trop de vent (ce voleur de casquette, je me méfie, ce n’est pas la mienne, un prêt de ma fille) et les nuages barrent l’horizon. On redescend, tente une visite de la cathédrale, mais nous sommes refoulés par une cérémonie en cours, c’est la Saint Jordi, on monte alors jusqu’au Palais des rois de Majorque. Dès qu’on commence à sortir des rues les plus commerçantes, on a le sentiment d’être dans l’envers du décor : les boutiques durablement vacantes, les habitations dont la salubrité interroge dès l’extérieur, le bâti si ancien qu’on se demande à quand remonte la dernière rénovation : avant ou après la guerre ? Cela contraste fortement avec les quelques rues proprettes et certains espaces requalifiés rutilants avec des trottoirs en marbre grenat.

Samedi après-midi : à Ille sur Têt, il fait sec. Nous profitons d’une très belle accalmie pour visiter les orgues et nous télétransporter en Cappadoce. Des locaux à qui nous demandons notre chemin considèrent que « les orgues sont loin » de la gare et qu’«il faut une voiture pour y aller », mais sachez qu’un enfant de huit ans peut faire le trajet à pied en 30 minutes (il doit être accompagné car il y a une portion à marcher sur la route, heureusement peu circulée). Le village en lui-même est joli et mériterait une politique de sortie de la voiture. Par contre, il fait un peu fantôme. Je ne peux rien dire de l’église, parce qu’en nous approchant une bourrasque nous a projeté un essaim de guêpes virevoltants en tout sens, on a rebroussé chemin.

Dimanche, on veut poursuivre notre visite du centre de Perpi, mais il pleut et pas qu’un peu. On visite l’hôtel Pams : somptueux, tant d’opulence, grâce au papier à cigarette, et puis la république des notables… Sous une forte averse, nous nous abritons dans le muséum d’histoire naturelle dont la visite est gratuite. On sort de là, il pleut de plus en plus. Nous marchons dans la partie non touristique du centre ancien, derrière un bâtiment de l’université, des bâtiments tiennent avec le renfort de poutres métalliques extérieures, les gouttières bouchées vomissent l’excédent et forment des jets de douche, le caniveau sature. La pluie révèle tous les dysfonctionnements du ruissellement (le fameux), toutes les descentes manquantes ou fuyantes, chaque bouchon forme à son échelle une retenue qui déborde par un déversoir plus ou moins vaste. On rentre manger. Nous retenterons une sortie en fin de journée, encore pluvieuse, avec un passage par la cour intérieure de la mairie, et la cathédrale, toutes deux très jolies.

Lundi : mission Collioure. Temps crasseux, pluviométrie élevée. Pour voyager sur place en train, nous utilisons le réseau Lio avec des billets à 1€ achetés à l’avance et qui ne sont ni modifiables ni remboursables. On avait prévu de venir tôt le matin et repartir en fin de journée après une longue randonnée côtière. Mais après une matinée à patauger dans le torrent qui s’est formé dans les ruelles de la ville (fort charmante au demeurant, malgré la luminosité et que l’église soit en travaux, comme d’hab’ j’ai envie de dire, en voyage de noces à Venise, le pont des soupirs et San Marco étaient emballés dans des échafaudages), on s’enferme dans un restau et à la sortie, on a plutôt envie de rentrer en début d’après-midi. Ce qui nous oblige à « une fraude » massive (on est 4). Pas vus, pas pris, très bien. Nous observons que, lorsqu’un train est supprimé du fait de la SNCF, la demande de remboursement est un chemin de croix administratif : « on vous fait un avoir, vous recevrez le bon dans 24 à 48H« , soit après votre départ de la région… « bon ok, comme vous insistez, on va vous faire un remboursement » en grand prince : alors que ça devrait être automatique. Mais quand c’est dans l’autre sens, que l’utilisateur demande un peu de souplesse, la réponse est « paie » ou prend le risque de te faire prendre (et payer plus encore).

Avec le recul, cette visite est une expérience unique. Qui connaît Collioure vidée de ses touristes ?? Comme la mission a été écourtée, on se retrouve enfermés dans une chambre d’hôtel qui ne devait servir que pour le sommeil et la douche. Ça se finit en Kung Fu Panda 4 au cinéma du Castillet, dans une mini salle adaptée à l’affluence record de 5 spectateurs.

Mardi opération Banyuls : la pluie se calme, on peut s’engager dans une rando côtière en direction de l’Espagne, mais une averse écourte la pause déjeuner sur les rochers au pied du Rec de Tallalauca. Demi-tour, nous serons allés juste au-delà de la station d’épuration, retour en direction de Banyuls. Comme il ne s’agissait en fait que d’un grain, nous profitons du centre-ville, des jardins plantés de citronniers débordants de boules jaunes. Nous gravissons une succession d’escaliers et de rues pentues pour découvrir au sommet, que le meilleur emplacement est occupé par un parking collectif privé et que les pavés en rosaces sont prédisposés en plaques formant un quart de cercle. Quelle déception après avoir admiré la régularité du motif en imaginant la délicate pose des pavés un à un, de découvrir la supercherie de la standardisation. Nous profitons même de la plage où je trempe enfin mes pieds dans l’eau et où nous prenons le goûter, partageant le lieu avec au plus une dizaine de nos congénères. S’ils étaient nos amis, nous aurions privatisé la plage.

Anecdote ferroviaire : 18h17, nous attendons le train du retour pour Perpignan, lorsque l’affichage indique que le train pour Portbou de 18h24 est supprimé, sans plus d’explication. Un homme avec un vélo pliant s’emporte : « Encore ! Ce n’est pas possible, ils font le coup à chaque fois ! » Excédé, il quitte la halte. Le prochain est à 18h55 pour Cerbère et 19h26 pour Portbou. Il doit être abonné. Quand un train est supprimé, on lui vole son temps unilatéralement, sans contrepartie. Il préfère pédaler (avec une météo pas franchement au beau fixe). Plus que des vitesses élevées ou des cadences folles, ce qui est important au quotidien, c’est la fiabilité, la robustesse du service. Si l’offre est aléatoire, le train est un choix risqué, avec régulièrement des mauvaises surprises de ce type.

Mercredi matin : c’est un jour particulier, le 1er Mai, fête de la paresse revendiquée. J’aurais bien manifesté avec l’aile gauche sur la place de Catalogne, mais nous tentions une seconde incursion à Collioure et interdiction absolue de travailler. Le rassemblement était programmé à 10H30, notre train à 9H30. En direction de la gare, passant devant Dali perché, j’observe que seule sa chaise et un drapeau de la CGT rougeoient, ainsi que le logo de SPAR (sur mes photos le drapeau est même rangé). Il y a un peu plus de monde à Collioure et un peu moins de pluie, cette fois. C’est jour de marché dans les flaques. Nous décidons de nous diriger malgré l’averse en direction du moulin qui domine la ville, puis du fort Saint-Elme, nous poussons jusqu’au fort Dugommier et le col d’en Raixat puis nous rebroussons chemin avant de redescendre par un chemin plus direct dans la ville en contrebas. Vue d’en haut, on dirait un petit village comme ceux des Cinqueterre entouré de vignes, d’oliviers, de figuiers de barbarie et de citronniers. Toutefois, le ciel nous refuse la carte postale, pas d’azur, seul le gris et un horizon indéterminé dans son nuancier, c’est beau d’une autre manière, mais ça ne rend pas grand chose en photo (sauf à être photographe). Dans la redescente, le temps s’est provisoirement amélioré mais vers 14h00 nous avons envie de rentrer. La mini randonnée est finie, piétiner dans les ruelles est un programme (électoral) qui ne fait pas rêver. En fait, Collioure ressemble davantage à ce qu’elle est d’habitude, une sorte de musée rempli de magasins à touristes. En mêlant nos deux journées de souvenirs, on peut l’imaginer déserte et haute en couleur.

L’après-midi, de retour à Perpignan, les troupes sont démotivées (mais c’est le principe du 1er mai). Je m’engage dans une incursion solitaire. Je traverse la passerelle au-dessus de la Têt (d’où l’expression marcher sur la Têt, mais peu de gens le savent), à côté du M&Ms géant du théâtre de l’Archipel qui fait face à l’hôtel, (et dont la nouvelle Madame Aliot est membre du conseil d’administration depuis le premier conseil municipal du mandat, favoritisme ??), et longe l’autre berge avant de revenir dans le centre-ville par le pont suivant. Je m’engage dans des rues au hasard et fini par croiser quelques patriotes, ici et là, facilement identifiables avec leurs drapeaux. Ils proviennent nettement de ma gauche et je me dirige alors à l’opposé de leur mouvement, pour en trouver l’origine. Après une longue allée de platanes du type « esplanade du souvenir français » mais agréable, car aménagée en parc et non en parking, je découvre sans surprise le monument aux morts pour la France et derrière lui, le palais des congrès. Ils sont là, enfermés dans cette salle. Je m’assoie sur un bloc de pierre, manifestement conçu pour être un banc, afin d’observer la scène. Les discours s’achèvent dans la salle et la foule sort, d’abord peu à peu, puis se déverse comme un chalut vide sa pêche à bord d’un navire. Je les observe et j’éprouve l’impression qu’ils sont si ordinaires, si semblables à la foule de tous les jours, celle qu’on croise dans les magasins, les rues ou les lieux des grands rassemblements. Dans cette banalité affligeante, presqu’innocente, certains profils se dégagent de la monotonie : les jeunes sortent en premier suivis graduellement par ceux qui ont un pas plus lent, les personnes âgées, les familles avec enfants en bas âges, les grands groupes. Certaines individualités se dégagent : des coquettes apprêtées dans l’espoir d’un passage devant une caméra de télévision, une sosie de Brigitte Bardot, plus jeune que l’originale, mais tout de même plus toute jeune. Et surtout un sosie de Jordan himself, âgé de 15-16 ans, avec le costume noir et la chemise blanche. Face à l’abondance et la normalité absolue de la foule, j’ai fini écœuré de ce que je voyais, pensant à ceux qui ont assistés désolés et impuissants à la montée du fascisme au siècle précédent. Je m’en suis retourné faire une course aux Halles Vauban, un haut lieu de gourmandise et là, j’ai trouvé les fans de Jordan au Bar des Halles, cet endroit qui me semblait si sympathique et chaleureux jusqu’alors, avec des drapeaux et des pancartes posés sur les tables, exhibés fièrement. C’est comme, j’imagine, les monuments de Paris avant et après la pose des banderoles par la Wehrmacht, ça change complètement l’ambiance.

Je voudrais revenir sur le prénom Jordan, car pour des millions de personne, il réfère au meilleur basketteur de tous les temps, le plus grand vendeur de chaussure, une véritable icône Pop. C’est un peu le Mickael Jackson du sport, sans les frasques et déboires. Tous les jeunes veulent des Air Jordan. D’ailleurs, le pic d’utilisation de ce prénom est atteint en France en 1993. Il fait donc peu de doute, que Bardella, à 3/4 italien par ses grands parents, né en 1995, soit ainsi dénommé parce que cet homme (noir de peau dois-je préciser) affolait les statistiques de la NBA et faisait rêver y compris les européens. Pour rappel, en 1994 la Dream Team, menée par Jordan, est médaillée d’or à Barcelone.

Bordeaux, sur le pont Chaban-Delmas

La bonne idée de @sarx404

Si on remonte le cours du temps à l’aide d’une embarcation étymologique, on remonte le fleuve Jourdain, ou Jordan River, depuis son embouchure de la Mer Morte à sa source sur les cimes enneigées de l’Hermon. Ainsi se dessine la limite orientale de la terre promise à Moïse. Ce fleuve donne son nom au royaume de Jordanie et à l’enclave de Cisjordanie. Ah, s’il avait pu se contenter de s’intéresser aux noms des fleuves…

Jeudi nous faisions rail pour Toulouse pour une escale d’une journée, avant un train de nuit départ à 22h23, arrivée prévue à Fleury-les-Aubrais 5h45. On avait envie d’écourter, mais changer les billets étant hors de prix, nous avons profité d’un peu de soleil à Toulouse, toujours aussi belle. Quelques observations sur ce dernier trajet. 1 : le quai et le point d’embarquement sont donnés dix minutes avant le départ, alors qu’aucune circulation ou événement ne peuvent contrarier ce positionnement. Le contrôle s’effectuant avant la montée, il est impossible d’installer tous ces voyageurs en 10 minutes chrono. 2 : Un monsieur s’est installé dans notre cabine, car il s’est trompé de voiture (il a confondu 9 et 6). L’étroitesse légendaire du couloir dans les wagons couchettes de seconde classe a pour conséquence que le Monsieur qui nous empêche de prendre place dans notre cabine, empêche par alignement de dominos humains, une file de voyageurs qui remonte le couloir jusqu’au quai, empêchant l’embarquement. 3 : j’ai observé l’arrivée du train à Orléans aux aurores. Je scrutais à travers un hublot guettant le passage de la Loire, mais c’est finalement un logo Brandt qui m’a fait comprendre que nous arrivions par l’Ouest de l’étoile ferroviaire et non par le Sud (la ligne Limoge Toulouse). Par où sommes-nous passés ? 4 : à la descente du train, nous observons que plusieurs voitures sont vides. D’où la question : est-ce qu’on ne pourrait pas vendre les billets moins chers pour remplir les trains, plutôt que de les vendre cher et faire circuler un train à moitié plein seulement ?

A partir de ce séjour plusieurs observations méritent d’être développées :

Perpignan et la prégnance de la pauvreté

Je l’ai dit : la pluie fait partir ceux qui peuvent s’abriter. Sous la pluie, Perpignan est une cité de misère où l’on croise plus de mendiants que de passants, dans le périmètre qui était le nôtre entre la gare et le centre-ville. On peut se dire que c’est signe de tolérance de la municipalité, ce dont je doute. Il y a peut-être un effet Sud, car quitte à être dehors, s’il peut faire beau (quoique dans notre cas, ça ne marchait pas trop). Même en ajoutant une population que j’imagine nombreuse avec le soleil, je me dis que ça fait encore beaucoup de sans-abris, rapportés à la taille de la ville. Ceci explique peut-être en partie le vote.

Je n’ai pas de photos pour illustrer mon propos.

Les platanes dévoreurs de panneaux

Ici, les platanes sont majestueux. Parfois irrespectueusement, des malotrus ont voulu s’en servir de poteaux pour y fixer des panneaux. Et ils les ont oubliés, ces cons-là ! Personne n’a ensuite jugé utile de les retirer. Avec le temps, les platanes les dévorent lentement, un jour un bucheron trouvera un morceau de métal en débitant le tronc. Il est désormais trop tard pour les retirer, alors chacun peut observer le processus en cours : combien de temps faut-il pour l’ingérer totalement ? Questions subsidiaires : quelle était la marque de la peinture utilisée ? Je connais des panneaux qui ont tendance à s’estomper, certains probablement bien plus récents, mais ici ça ne bouge pas. Bleu et rouge pour toujours. Stationner ici est-il vraiment illégal ? parce que cette installation n’a plus grand-chose de réglementaire, comment ferait donc une voiture autonome pour y trouver l’information ? Ce qui me fait penser au petit malin, @jasonbcarr, qui a imprimé un panneau stop sur son T-shirt pour vérifier si les robots-voitures obéissent : ça marche, elles s’arrêtent !

Gare de Perpignan, moins bonne qualité de peinture

Les trottinettes

Probablement à cause de la pluie (je n’y crois pas trop), je n’ai presque pas vu de cyclistes et quasi-uniquement des livreurs. J’ai vu une remorque à vélo stationner pendant toute la semaine au même emplacement, allée des Villas Amiel. En revanche, des trottinettes électriques, j’en ai vu un paquet. Des Pony aussi. Des emplacements peints pour les stationner (avec des trottinettes vraiment positionnées dessus, je précise parce qu’à Hendaye et Bayonne, j’en ai vu, mais ils étaient vides). Perpi : la ville de la Trotti ?

Lu dans l’indépendant

Lors d’un séjour, je feuillette ou navigue dans la presse régionale. Au cours de ce séjour, un titre a retenu mon attention : l’automobiliste percute un muret et termine sa course sur le toit d’une maison située en contrebas

Banyuls

J’ai aussi découvert le tournage d’une série, sur l’affaire dite des « disparues de la gare de Perpignan ». Je ne suis pas un amateur féru de faits divers sordides, mais c’est par ce biais que j’ai découvert ce qui explique le Dali sur sa grande chaise rouge, place de Catalogne, faisant face à la gare. Salvador a peint un tableau intitulé La gare de Perpignan. Cela permet de mieux comprendre le plafond de la gare, qui s’en inspire fortement. Hélas, je n’ai pas eu de révélation sur la constitution de l’univers. En revanche, quand on a cherché à savoir comment se fait le remboursement d’un billet, nous avons découvert l’absence de guichet humain dans la gare (des deux côtés des voies).

Salvador Dali a eu une révélation le 19 septembre 1963 « C’est toujours à la gare de Perpignan, au moment où Gala fait enregistrer les tableaux qui nous suivent en train, que me viennent les idées les plus géniales de ma vie. Quelques kilomètres avant déjà, au Boulou, mon cerveau commence à se mettre en branle, mais l’arrivée à la gare de Perpignan est l’occasion d’une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative […] Eh bien, ce 19 septembre, j’ai eu à la gare de Perpignan une espèce d’extase cosmogonique plus forte que les précédentes. J’ai eu une vision exacte de la constitution de l’univers. L’univers qui est l’une des choses les plus limitées qui existe serait, toutes proportions gardées, semblable par sa structure à la gare de Perpignan. » Journal d’un génie

En guise de conclusion sur Perpi

à Collioure, Banyuls, Perpignan, Ille sur Têt, il y a du potentiel de piétonnisation +++. Un voyage aux Cinqueterre devrait être offert aux élus de Collioure et Banyuls (ça ressemble trop à bagnole, c’est pour ça !), car ces cités pourraient n’être desservies que par le train.

Point positif :

Comme je l’avais déjà observé à Narbonne et Béziers, à Perpignan les automobilistes sont très courtois et laissent traverser les piétons. C’est un des points très positifs de la région.

Point négatif :

On laisse les voitures circuler partout, on les gare n’importe comment, la berge de la Têt est une autoroute qui passe sous les fenêtres des habitations… Comme partout, entre la gare et le point de départ de la rando (pour les gens en voiture), il y a des portions pas très agréables pour marcher. Des places qui pourraient être magnifiques sont des parkings, des ruelles qui pourraient être bucoliques sont saturées de véhicules à moteur.

Epilogue

De retour à Orléans aux aurores nous sommes accueillis par un ciel bleu éclatant. Il sera de courte de durée, car après un second sommeil dans un lit qui ne se trouve pas sur des rails, la grisaille et la pluie sont de retour. Elle nous suit. Le ciel politique demeure aussi menaçant. Loi de la répétition oblige, c’est au tour du Maréchal Le Pen qui s’invite un 8 mai dans la cathédrale. Ils nous suivent.

Dans une réalité alternative, Monsieur le Maire l’aurait accueillie en grande pompe sous Place d’arc, devant le monument cyniquement baptisé en 2021 « La Reconquête », cette sculpture qui a repoussé un peu plus loin les sans-abri.

Cela n’aurait pas été si discordant avec deux scènes de vie récente :

Mercredi 15/05, une nouvelle fois nous assistons avec les enfants au démantèlement de l’abri de Jack. Avec ses vêtements en guenilles et ses chaussures qu’il refuse de changer, alors que ses pieds en sortent largement, cela fait au moins douze ans qu’il survit dehors, arpente la rue de Bourgogne et campe rue du Gros Anneau. En son absence, profitant de sa déambulation quotidienne dans le quartier, la petite camionnette municipale embarque ses affaires.

Vendredi 17/05 : après une tournée des relais colis, point relais et point de colis, je décide de rentrer en passant par le parvis de la cathédrale. Je reconnais à l’angle de celle-ci la silhouette du maire qui parle devant une caméra, sans attroupement. Je contourne pour ne pas entrer dans le champ et m’assoit sur un muret, juste derrière les « journalistes » ou « communicants », pour écouter le propos. J’enlève mon casque audio, c’est parti, ça m’évitera de regarder la télé. Je suis sympa, je ne le fixe pas dans les yeux, afin de ne pas le déconcentrer (je n’aimerais pas qu’on me le fasse). Il fait son speech de maire d’opposition de droite, bien à droite (« à droite d’Hitler » pour reprendre Les Nuls), sur les migrants et SDF expulsés de Paris à cause des JO (c’est vrai c’est scandaleux), que l’État déporte à Orléans sans mettre à disposition les logements d’hébergements nécessaires, poursuit en affirmant qu’ils viendraient concurrencer les locaux dans l’attribution de logements sociaux !! C’est là que se produit l’amalgame, par exemple Jack n’a certainement jamais rien demandé ni à l’État ni à la Mairie, même pas où ils ont bien pu mettre ses affaires données par la générosité d’êtres humains croisés dans la rue. Les sans-abri et les demandeurs de logement social sont deux catégories qui ne se recoupent pas. En outre, la nationalité est encore un paramètre différent. Les oligarques qataris, émiratis ou saoudiens sont des arabes (cela vaut pour les oligarques de tous les pays, qui n’ont pas besoin de s’unir), mais n’ont aucune difficulté à se loger en France, y compris dans le centre de Paris. Dites le, c’est les pauvres que vous ne voulez pas accueillir.

Il est content de son propos dont les « journalistes » lui confirment la clarté. Mais il se dit qu’il a été un peu long. Il se lance dans une version réduite. De mon point de vue, il est peut-être plus court, mais il est moins convaincu/convaincant qu’à la précédente. Il joue moins bien le « ras le bol » qui est pourtant un domaine dans lequel il excelle. Notamment son fameux « quand-est-ce qu’on arrête les conneries ? ». En fait, il veut faire un remake de sa diatribe « Orléans n’a pas vocation à accueillir la colline du crack« . J’ai cherché sur le web, mais je n’ai pas trouver la version médiatisée de ce contenu (peut-être encore en montage).

Son propos est à peu près la même tambouille d’extrême droite qui lie les migrations avec les problèmes d’exclusion et la difficulté ordinaire à se loger, mais dans le mauvais sens. La migration ne génère pas l’exclusion. Prenons l’exemple des retraités français qui s’installent au Portugal ou en Thaïlande, ou encore des étudiants français qui font leurs études à l’étranger, sans parler du tourisme international : sommes-nous en règle générale mal accueillis ? C’est l’inhospitalité et le racisme qui engendrent l’exclusion des migrants, leur précarité est décidée et donc fabriquée. On leur interdit de travailler, de se loger, de consommer, d’être là, de mendier, de construire un abri de fortune. On les clandestinise, alors qu’on pourrait leur donner des papiers, un travail, un logement… les accueillir. Et la communauté nationale n’exclut pas que les derniers arrivés sans papier. Elle exclut aussi les descendants de migrants lorsque leur faciès ou leur langage le laisse trop paraître. Le projet assimilation et la peur du grand remplacement, c’est celui de personnes qui pensent qu’on devrait laisser son identité au vestiaire de la douane. Dissoudre toute trace d’altérité en soi, changer de nom et de prénom, de vêtement, de vocabulaire ou de préférence culinaire, s’effacer, disparaître pour devenir enfin citoyen françois. Quelle drôle de manière de penser. Les bretons ne sont pas français ? Les corses, basques, catalans, occitans, gascons, solognots, chtis, alsaciens… A ce moment-là, appelons Zemmour, Eric Olivier. Mais l’olivier est-il assez français ? Au Nord de la Loire, c’est une essence exotique, elle pousse sur toutes les rives de la Méditerranée, mais a du mal a produire des fruits au delà de Carcassonne. La France est une construction hétéroclite, hétérogène, un joyeux bazar avec une longue histoire sur le vieux continent, des mouvements de populations, des périodes impérialistes, avec le cosmopolitisme, les migrations, et le syncrétisme qui en résultent nécessairement. Et si le problème n’est pas national, mais civilisationnel, il est historiquement avéré que c’est le bloc occidental qui a envahi le monde. Si Christophe Colomb « découvre » l’Amérique et si les grands explorateurs ont fait le tour du globe, qui s’est installé chez qui en premier lieu ? Qui a colonisé ? Et maintenant que les anciens empires coloniaux sont dissous, qui exploite qui ? Dans quels sens s’effectuent les transactions déséquilibrées ? Je ne vais pas ajouter une pierre sur le caillou.

Alors que nous sommes en train de perdre la partie de monopoly mondialisatrice après en avoir édicté les règles à notre avantage (et imposé la participation à l’ensemble de l’humanité), nous voudrions fermer le tripot. Quitter la table et interdire à quiconque de poser le pied sur NÔTRE territoire. Quel culot ! Moi, j’appelle ça, être mauvais perdant. La France, c’est la liberté, la patrie des droits de l’homme, de l’ouverture d’esprit, des Lumières, des philosophes aux frères cinématographes. Alors oui, il existe une autre France, celle de Pétain et Laval, celle de Napoléon et d’autres sombres personnages qui font aussi partie de notre histoire : les impérialistes, les colonisateurs, les esclavagistes…

A jouer avec la flamme, la droite républicaine, et son obsession de l’identité, y compris le centre droit, celui de la majorité présidentielle avec sa loi immigration ou son interdiction de l’abaya, a fait la courte échelle à l’extrême droite, prenant le risque de faire flamber les poutres démocratiques qui font tenir ce pays. C’est insensé, pyromane, incendiaire et donc suicidaire, puisque celui qui joue avec les allumettes est dans la maison qu’il veut voir partir en fumée.

Dans l’oreillette, on me dit à l’instant que le grand républicain Ciotti vient d’exprimer sa pensée de manière limpide et que ça choque certains de ses camarades, mais pas tous. Plus récemment encore, l’Orléans Mag titre « Immigration : Sans Abri : Orléans refuse d’être la base arrière cachée de Paris« . Je n’aime pas cette petite musique.

Les médias et instituts de sondage nous répètent à longueur de journée que le Rassemblement National est populaire, mais pour mémoire, souvenez-vous d’où vient le symbole de la flamme tricolore et aussi, allez lire l’article wikipedia sur le Rassemblement National Populaire. Les prolétaires votent désormais à l’extrême droite, ça s’appelle du national-socialisme, du fascisme. Ça se nourrit de xénophobie, de haine de l’autre et ça pousse sur le terreau de la misère sociale. A croire que nous sommes frappés d’amnésie collective et que les leçons de l’histoire sont perdues dès qu’elles excèdent le demi-siècle. On les conserve moins longtemps que les grands crus dans nos caves.

Bonus tracks

Un sélection de titres pour mettre cela en musique :

  • 20-04-2005 de Philippe Katerine, pour le sentiment d’être suivi par le clan Le Pen,
  • Hécatombe (Même la France si développée peut élire une dictature) et plus encore Nouvelle hécatombe (Mon hécatombe s’appelle Le Pen/ Mon hécatombe s’appelle Zemmour/ la pauvreté j’la vois encore à tous les carrefours de ma ville/ Mon hécatombe c’est ce beau pays qui devient de plus en plus nazi/ Des Iphone 4 ou des Jordans, la guerre OM PSG / Des antifas, des gentils fions, mais très rarement des gens qui font/ Des bandits faux, j’ai sentis le fond et pendant ce temps la banquise fond) et aussi Gris (parce que c’est un morceau d’ambiance pluvieuse) de Swift Guad,
  • Z’Amour de Masta Pi qui par des samples fameux, confronte celui qui voudrait qu’Hapsatou s’appelle Corinne avec celui qui reconnait que son nom signifie Olivier en Berbère.

Sur ce sujet, on pourra visionner l’excellente série Les sauvages (produite pas le Canal +, propriété de Bolloré, la blague). Mettre dos à dos islamisme radical et fachosphère, c’est rappeler la réalité de l’islamodroitisme, car les conservateurs religieux ou moraux, peu importe leur religion, leur identité qu’ils souhaiteraient si pure et si figée (qu’elle n’est absolument pas crédible une seconde), se ressemblent étrangement dans leurs tendances rétrogrades, xénophobes et à la fin exterministes.

Plus détendue, la série documentaire sur Michael Jordan et les Chicago Bulls, The Last Dance sur Netflix, est à voir en famille. Ado, je suis passé à côté de ces performances sportives exceptionnelles. J’ai bien vu des images, je savais, mais je ne regardais pas les matchs. Ce qui est bien, c’est que la série se focalise sur la dernière saison victorieuse des Bulls, tout en retraçant les saisons précédentes, la carrière de MJ, mais aussi celles de ses coéquipiers. Un très beau documentaire sportif.

Enfin, pour ceux qui savent encore (prendre le temps de) lire des livres, je recommande Les lois de l’inhospitalité qui est un ouvrage collectif dirigé par Fassin, Morice et Quiminal. En lien avec la météo de ce printemps : Gris, de Peter Sloterdijk, car le Gris est certainement la couleur de l’ambiance du climat politique. D’ailleurs, Colère et Temps doit certainement faire office de piqûre de rappel pour ceux qui oublient qu’à trop comprimer la colère, on finit par générer l’explosion sociale. Pour ma part, il va falloir que je m’intéresse à Des électeurs ordinaires de Félicien Saury, parce que je crois qu’il tombe à point nommé et qu’il est recommandé par Vincent Edin ….

Anecdote identitaire

Ma carte d’identité était périmée, je l’ai refaite. Je ne vais pas critiquer l’administration, la procédure… Le premier jour où je sors de chez moi avec, pour aller retirer un colis (des chaussures je crois), je la perd. 48h plus tard, je m’en rends compte. Je refais toutes mes déambulations, à commencer par le centre commercial où j’ai retiré le colis (dernier endroit où je me vois carte en main). A l’accueil on me dit d’aller voir le centre de sécurité. Au centre de sécurité on me dit niet. Je vais au terrain de basket, au supermarché (après avoir téléphoné, au cas où ce serait tombé en chemin), au bord du canal, à la boulangerie où j’ai bu un café en lisant … rien, néant. Je vais aux objets trouvés : que dalle ! Deux ou trois semaines plus tard, je retourne aux objets trouvés : toujours pas !

Mais tout vient à point à qui sait attendre ! J’ai déjà récupéré deux fois mon portefeuille porte-monnaie (avec l’argent dedans), perdus dans un concert ou dans un jardin public, la carte d’identité de ma femme que j’avais posé sur le comptoir de la boulangerie le temps de saisir de la monnaie et récupérer le pain, mon téléphone portable laissé posé dans l’escalier du 108 où je lisais pendant que ma fille avait solfège, récupéré le lendemain matin. Bref, je suis tête en l’air, mais l’humanité me le rend bien : hier un courrier de la police municipale m’informe qu’elle est de retour (deux mois plus tard). Je ne suis plus un sans papier. En fait, c’est le centre commercial qui l’a rapporté. Ils font deux ou trois dépôts massifs par an. Heureusement, je n’avais pas entamé la démarche de déclaration de perte, demande de nouveau titre. Par contre, je ne comprends pas pourquoi ils ne l’ont pas rendu quand je suis venu la demander 48h après l’avoir oublié.

Moralité : peut-être que j’ai de la chance, mais je pense que la plupart des êtres humains sont des gentils, que seules la misère et la maltraitance (parfois en bande organisée) sont à l’origine de comportements hostiles envers les autres humains. C’est sûrement un vieux souvenir de cette nouvelle qu’on peut lire dans Le K de Dino Buzzati et qui s’intitule Pauvre petit garçon. Une évocation en appelant une autre, je finirai par la sculpture Him (que j’ai eu la chance de voir à Venise, après avoir donné une pièce à Monsieur Pinault, ça me fait toujours mal de payer pour voir des œuvres payées pour la défiscalisation et la spéculation). De dos, on voit un enfant agenouillé, de face, on découvre le monstre sanguinaire.


2 réponses à “Perpignan sous la pluie ou La pluie, ça mouille, mais le fascisme tue.”

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